Non, aucun pub hollandais n’a vendu des chaises aux clients pour braver sa fermeture

Si vous vous êtes connectés récemment sur Facebook, alors vous avez peut-être vu passer des publications évoquant une “astuce” mise en oeuvre par un pub hollandais pour ouvrir sa terrasse tout en évitant une amende à ses clients. L’astuce en question consistait à leur vendre des chaises pour empêcher la police de les verbaliser.

Mais voilà, si l’on en croit l’enquête menée par l’AFP, toute l’affaire ne serait rien d’autre qu’une légende urbaine montée de toute pièce.

Un homme se tenant la tête dans les mains
Crédits Pixabay

Très populaire en France, mais aussi chez nos voisins européens, la publication en question montre la photo d’une terrasse bondée et de trois policiers visiblement embarrassés.

Une histoire virale sur Facebook

L’histoire, elle, est plutôt bien ficelée. Elle explique ainsi que pour contourner la fermeture de son établissement, le propriétaire d’un pub hollandais a eu l’idée de vendre à ses clients une chaise, pour une somme tournant autour des 5 €… et avec une bière fraiche offerte.

Toujours selon la publication, en procédant de la sorte, les policiers ne peuvent du coup pas verbaliser les consommateurs puisque ces derniers sont assis sur une chaise qui leur appartient.

Intrigués, nos confrères de l’AFP ont donc mené une enquête. Ils ont commencé par effectuer une recherche inversée sur l’image en s’aidant de Google Images.

Ils ont alors réalisé que la photo venait en réalité d’un article publié par le média néerlandais “de Volkskrant” et paru le 1er juin 2020, soit à une période où les restaurants, cafés et terrasses avaient eu le droit de rouvrir leurs portes en respectant des conditions d’accueil strictes fixées par le gouvernement.

Une simple “légende urbaine” d’après les propriétaires de l’établissement

Plus intéressant, la légende présente sous la photo évoque également une intervention de policiers assermentés, une intervention visant à faire respecter les distances réglementaires entre les tables. Ce qui explique donc la présence des policiers sur la photo.

L’AFP n’en est pas restée là et les enquêteurs de l’organe de presse ont aussi zoomé sur la photo pour tenter d’identifier le pub. Ils ont alors relevé le nom d’un café : Koops. Un nom également évoqué dans l’article. Après avoir cherché ce même nom sur Google Maps, et plus précisément sur Google Street View, les journalistes ont pu identifier formellement les lieux et ils ont donc contacté les propriétaires de l’établissement.

Ces derniers leur ont alors confirmé que la photo de l’article était bien celle de leur terrasse.

Quant à l’histoire racontée sur Facebook, ils l’ont tout simplement qualifiée de “légende urbaine” en précisant qu’elle n’était pas de leur fait et qu’ils ne se sont jamais adonnés à une telle pratique.

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