Les scientifiques ont peut-être mis la main sur l’animal qui aurait le plus petit génome

Découverts pour la première fois en 1877, les orthonectides sont de petits invertébrés marins parasites, parmi les plus simples des métazoaires. Ils appartiennent au groupe des animaux bilatériens (à symétrie bilatérale avec une queue, une tête, un ventre et un dos distincts), dont le plus ancien spécimen connu a été découvert un peu plus tôt en Australie.

En 2016, alors que les chercheurs de l’Université de Saint-Pétersbourg décryptaient le génome de l’Intoshia linei, une espèce animale d’une taille légèrement supérieure à celle des orthonectides, ils eurent l’idée d’en faire de même pour ces derniers.

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À leur grande surprise, tandis que l’Intoshia linei était censé être l’animal doté du plus petit génome au monde, ce n’était en fait pas le cas. En séquençant le génome du plus petit des orthonectides, les chercheurs ont en effet remarqué qu’ils présentaient le nombre minimum de gènes qui n’ait jamais été observé.

Les orthonectides sont des animaux très peu connus

Comme le souligne le professeur à l’Université de Saint-Pétersbourg, George Slyusarev, tandis que les orthonectides ont été découverts depuis belle lurette, leur rôle dans le règne animal est jusqu’à présent inconnu.

On sait néanmoins qu’au cours de leur processus classique d’évolution, les parasites et certains organismes « nettoient » leur génome, en supprimant certains gènes et en cherchent de nouveaux via le transfert horizontal, auquel cas, ils en volent carrément chez d’autres espèces. Le très résistant tardigrade est d’ailleurs connu pour cette pratique.

Les scientifiques ignoraient toutefois si les orthonectides et l’Intoshia linei faisaient pareil. Ils en ont donc récolté en faible quantité dans la mer de Barents, et des échantillons furent envoyés à l’Université de Saint-Pétersbourg, en vue d’une étude des génomes de ces espèces.

Le plus petit nombre de gènes de tous les métazoaires

Lors du séquençage des génomes des orthonectides prélevés, les chercheurs de l’Université de Saint-Pétersbourg étaient sidérés, car ils ne comptaient que 15,3 millions de paires de bases. Quant au nombre de gènes, on arrivait à peine à 5 120.

Tandis que ces nombres sont déjà particulièrement bas, il est important de préciser que la plupart de gènes étaient orphelins, c’est-à-dire qu’ils ne se mélangeaient pas avec d’autres gènes et leurs fonctions ne sont pas connues. En comparaison, chez l’homme, on compte environ 6,4 milliards de paires de nucléotides, pour environ 20 000 gènes.

Selon Natalya Bondarenko, doctorante à l’Université de Saint-Pétersbourg, ces propriétés génétiques sont uniques aux orthonectides. Mais elles permettent son fonctionnement normal en tant que métazoaire. D’ailleurs, ces études génomiques ont permis de classer les orthonectides dans le groupe des Annélides. Ils sont donc apparentés aux vers.

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