Découverte d’une décharge toxique au large de Los Angeles

Des scientifiques ont découvert l’existence d’une décharge industrielle massive à environ 1,6 km au large de la côte de Los Angeles. Selon les chercheurs, cette décharge de DDT aurait été présente dans cette zone depuis maintenant des décennies. En effet, peu de gens savaient qu’une grande quantité du produit toxique avaient été laissée sur le site.

C’est David Valentine, professeur en microbiologie et en géochimie de l’Université de Californie Santa Barbara, qui a mené l’équipe ayant découvert la décharge sous-marine à l’aide de submersibles, le site se trouvant à plus de 900 m de profondeur entre Long Beach et Catalina Island. Selon Valentine, la première fois qu’il a eu vent de l’existence de la décharge, c’était après avoir lu un rapport rédigé en 1985 par une équipe de scientifiques du California Regional Water Quality Control Board. Le document décrivait les pratiques utilisées par les entreprises des années 40 à 70 pour se débarrasser des déchets chimiques.

Crédits Pixabay

Valentine a indiqué que le rapport était rangé et complètement oublié, mais il est tombé sur une référence désignant le document dans un autre rapport de la même période. Le chercheur a réussi à retrouver le rapport original et a été choqué de lire ce qui y était écrit. Selon les estimations, jusqu’à 500 000 barils de DDT auraient été laissés au fonds des océans.

Ce que les chercheurs ont trouvé

La lecture de ce rapport a conduit Valentine et ses collègues à partir à la recherche de la décharge de DDT. En 2011 et en 2013, ils ont pu le faire au cours de croisières océanographiques qu’ils menaient dans la région. Des véhicules autonomes ont ainsi été envoyés dans les fonds pendant les périodes libres entre les autres projets de recherche.

Les appareils ont fini par repérer des barils de déchet toxique éparpillés au fond de l’océan. Certains étaient ouverts, probablement pour les aider à couler. Selon les chercheurs, le travail de largage était vraiment négligé puisque le contenu des barils s’échappait et contaminait la zone.

L’on sait que le DDT ou dichlorodiphényltrichloroéthane était largement utilisé au cours du 20ème siècle, mais il a finalement été banni en 1972 aux Etats-Unis à cause de tous ses effets négatifs sur l’environnement et la santé. Malgré cela, vers la moitié du 20ème siècle, des barils de DDT ont pu être laissés de façon légale dans des sites sous-marins par une entreprise qui agissait au nom de Montrose Chemical Corporation of California. Les scientifiques ont concentré leur attention sur l’un des sites connus, et ils ont observé les barils grâce à des caméras et à des instruments d’imagerie acoustique.

L’impact du DDT sur l’environnement

Selon les informations, Montrose était à une certaine époque le plus grand producteur de DDT aux Etats-Unis. Mais avec le bannissement de ce produit au niveau national, la compagnie a dû arrêter. Les moyens utilisés par la société pour se débarrasser des déchets étaient connus et l’entreprise a même été poursuivie en justice concernant une décharge de DDT moins profonde qui s’appelait Palos Verdes Shelf. Celle-ci se trouvait à seulement 3 km de la côte du Comté de Los Angeles.

Des scientifiques ont pu établir un lien entre la contamination de Palos Verdes Shelf et les niveaux élevés de DDT des animaux aquatiques qui vivaient près du site. Cela pouvait expliquer pourquoi les lions de mer de la Californie présentent un taux  inhabituellement élevé de cancer. Selon Cara Field, directeur médical au Marine Mammal Center, environ 25 % des lions de mer adultes et sub-adultes ont le cancer et il s’agit d’un taux très alarmant. Elle a ajouté qu’il est vraiment important de comprendre ce qui cause cette maladie chez ces animaux.

D’après les scientifiques, il est encore difficile de dire à quel point les décharges au fond de l’océan ont pu laisser échapper des produits chimiques toxiques et contaminer l’écosystème. En tout cas, il s’agit ici d’un problème très grave qui exige des solutions efficaces.