Découverte d’une jarre utilisée pour lancer une malédiction sur 55 personnes

Les archéologues ont finalement percé le mystère d’une chytra grecque ancienne découverte il y a 15 ans. Cette jarre athénienne aurait servi à maudire un peu plus d’une cinquantaine de personnes.

En 2006, les archéologues ont fait une découverte étonnante à Athènes. Ils ont trouvé une jarre vieille de 2 300 ans contenant les os d’un poulet démembré. Le plus remarquable, c’est que 55 noms étaient gravés sur cette chytra athénienne. Les chercheurs pensent maintenant avoir décodé le message de ces curieuses gravures et parlent d’une ancienne malédiction. Jessica Lamont de l’Université Yale détaille la découverte pour la première fois. L’historienne décrit une jarre percée avec un clou en fer et enterrée avec une pièce de monnaie sous un bâtiment. Le lieu constituait durant l’Antiquité la place principale d’Athènes pour les rencontres et le commerce.

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D’après Lamont et son équipe, l’objet date entre 325 et 270 avant Jésus-Christ. Cette découverte apporte un nouvel éclaircissement quant à l’utilisation de la magie noire dans la Grèce antique.

Une pratique prise très au sérieux à l’époque

Selon la professeure Lamont, toute la paroi externe du chytra en céramique étaient à l’origine recouverte de texte. Plus de 55 noms y auraient été gravés, mais des dizaines ont disparu. Ces derniers ont survécu seulement sous forme de lettres flottantes dispersées. Plus de 30 noms sont restés lisibles, tout comme les mots « nous lions ».

Le clou représentait ainsi « une force inhibitrice qui immobilisait ou restreignait les facultés des victimes ». Un article paru dans la revue archéologique Hesperia explique d’ailleurs que cet assemblage rituel était une pratique de magie noire athénienne, l’objectif de celui qui jette le sort étant de réduire « les facultés physiques et cognitives des individus mentionnés ».

L’assemblage des différents éléments suggère le caractère sérieux de l’intention des auteurs. Les inscriptions sur la chytra suggèrent qu’au moins deux personnes ont été impliquées dans la gravure. La tête de poulet a servi pour sceller l’ouverture circulaire du contenant. Le clou de 22 cm avait été enfoncé du fond vers le haut, perçant alors les pattes et la tête, avec la pièce surmontant la pointe du clou. Le poulet avait probablement quelques mois, car selon la croyance, son impuissance renforcerait la puissance du sort.

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En relation avec la chute de l’Empire d’Alexandre le Grand ?

Lamont a plusieurs théories quant au but de cet assemblage rituel. La malédiction devait probablement servir à affaiblir les adversaires dans une lutte de pouvoir ou un conflit juridique. L’historienne précise que cela pourrait être en lien avec la chute de l’Empire d’Alexandre le Grand.

De nombreuses factions rivales se disputaient à cette époque le pouvoir. La fabrication de la chytra coïncide effectivement avec la mort du conquérant en 323 avant Jésus-Christ. D’autre part, la préservation remarquable, l’emplacement et le nombre de noms reconnaissables rendent cette découverte importante. Cela montre à quel point la magie noire était importante pour les anciens Athéniens.

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