Découverte d’un fragment de météorite de 4,6 milliards d’années

Le fragment de météorite trouvé au Royaume-Uni, en mars dernier, possèderait plus que des minéraux très rares. Il renfermerait aussi des secrets sur la formation de notre Système solaire.

Début mars, un habitant de la ville de Winchcombe, dans le comté de Gloucestershire, a eu la surprise de découvrir un gros morceau de météorite dans son jardin. Il a rapidement emballé le fragment afin de le préserver. Il a ensuite contacté le Réseau britannique d’observation des météores. Les premières analyses du musée d’histoire naturelle de Londres avaient révélé la présence de minéraux très rares dans la roche spatiale. Le fragment est principalement composé de chondrites carbonées. « Les météorites comme celle-ci sont des reliques du Système solaire primitif », avait alors commenté un chercheur du musée londonien.

Un astéroïde fonçant sur la Terre
Crédits Pixabay

La météorite de Winchcombe n’est probablement pas aussi ordinaire que prévu. Six mois après son impact, une équipe de l’université de Loughborough a effectué des analyses pour déterminer sa composition. Elle espère en savoir davantage sur l’origine et la formation de la roche spatiale.

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Un état primitif parfaitement conservé

Le fragment comporte une structure interne fragile et faiblement liée. Celle-ci est poreuse et présente des fissures. Il ne semble pas avoir subi de métamorphisme thermique, note l’équipe de recherche. La roche constitue ainsi une rare opportunité d’examiner le système solaire primitif.

Les premières données d’étude estiment l’âge de la météorite à l’origine du petit fragment de Winchcombe à environ 4,6 milliards d’années. La roche aurait à peu près le même âge que le Système solaire. Cela signifie qu’il s’est formé à partir du même nuage de poussière et de gaz qui a donné naissance au Soleil et aux planètes qui gravitent autour.

Les planètes du système solaire ont depuis subi des événements et des transformations majeures. Située dans la ceinture d’astéroïdes, entre Mars et Jupiter, la météorite a été beaucoup préservée. Sa structure peu agrégée indique qu’elle n’a pas été compactée par des collisions répétées. En outre, le fragment sera soumis à une série d’analyses, incluant la microscopie électronique, la spectroscopie vibrationnelle et la diffraction des rayons X. Ces procédés vont permettre de découvrir des éléments cachés de la structure physique de l’objet.

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Des indices sur l’apparition de la vie sur Terre

Le fragment spatial du Gloucestershire possède une composition sans correspondance avec le moindre élément terrestre. Il est également différent des autres météorites découvertes auparavant. Même sa chimie se distingue des autres échantillons de chondrites carbonées découverts jusqu’ici.

 La roche est riche en matières organiques, et elle peut contenir des indices sur les origines de la matière organique sur Terre. « Être capable d’identifier et de confirmer la présence de tels composés à partir d’un matériau qui existait avant la naissance de la Terre serait une étape importante pour comprendre comment la vie a commencé », a souligné Derek Robson de l’Organisation de recherche en astrophysique d’East Anglia.