Deepfakes : en attente d’un rapport complet de l’Intelligence Community d’ici mi-décembre 2018

Adam Schiff, Stephanie Murphy et Carlos Curbelo ont envoyé une lettre au directeur du renseignement national US le 13 septembre 2018. La lettre, qui se veut avoir un caractère de plaidoyer et d’avertissement, a pour but de saisir l’Intelligence Community face aux menaces que peuvent représenter les deepfakes pour les États-Unis.

Les deepfakes sont une pratique qui permet d’échanger des visages grâce à des algorithmes. Ils sont utilisés dans différents domaines.

Les législateurs américains ont ainsi demandé au directeur du renseignement national de rédiger un rapport sur la manière dont cette technologie pourrait être utilisée par des pays hostiles aux États-Unis.

Les signataires de cette lettre craignent que cette pratique puisse être utilisée pour mener des campagnes de désinformation stratégique.

Les deepfakes suscitent toujours autant d’inquiétude

Ce n’est pas la première fois que les législateurs font part de leurs inquiétudes sur les deepfakes. Le sénateur de la Floride, Marco Rubio, en a parlé en mai 2018 lors de la confirmation de William Evanina au poste de directeur du Centre national de contre-espionnage et de sécurité.

De même, le sénateur Mark Warner a également demandé à Sheryl Sandberg, la directrice des opérations de Facebook, ce que le média social avait l’intention de faire pour lutter contre ce fléau lors de l’audience de la commission sénatoriale du renseignement sur l’influence étrangère sur les médias sociaux.

Trois mois pour rédiger le rapport

Les législateurs attendent de l’Intelligence Community qu’elle communique un rapport au public et au Congrès sur la manière dont ces nouvelles technologies peuvent être utilisées par des acteurs malveillants pour monter de faux extraits sonores, de fausses images et de fausses vidéos.

Selon les représentants, le rapport devrait aussi mentionner toutes les contre-mesures pouvant éventuellement être mises en place pour lutter contre les deepfakes.

Les représentants craignent que ces deepfakes servent à des fins néfastes telles que le chantage ou, sur le plan de la défense nationale, qu’ils soient utilisés par des acteurs nationaux ou étrangers pour propager de fausses informations qui pourraient menacer le discours public et la sécurité nationale des États-Unis.

Le département Media Forensics de l’Agence américaine des projets de recherche avancée de la défense américaine (DARPA) avait octroyé, en avril 2018, des contrats à des groupes de recherche à but non lucratif de trouver des moyens pour détecter automatiquement les deepfakes sur les vidéos circulant sur Internet.