Si vous vous sentez déprimés, couchez-vous plus tôt

Si l’on se réfère au rythme circadien, il existe généralement deux catégories de personnes : les couches tôt et les couches tard. Certains préfèrent se lever de bon matin et se voient rattrapés par le sommeil dès que le soleil se couche, tandis que d’autres aiment bien prolonger leur soirée au risque de snoozer sans cesse le matin. Ce classement est appelé « préférence diurne ». Les individus de la première catégorie sont assimilés aux alouettes et ceux de la seconde aux hiboux.

Plusieurs études ont démontré que le dérèglement de l’horloge biologique est souvent lié à l’apparition de troubles de la santé mentale. Néanmoins, une équipe de chercheurs britanniques vient de se pencher de plus près sur le sujet et y a apporté plus de précisions. Pour ce faire, ils ont utilisé des techniques génétiques comme la « randomisation mendélienne ».

Ce bébé passe une bonne nuit
Image par fujikama de Pixabay

Les résultats sont basés sur les données hypniques de 85 000 personnes, provenant de la base de données médicale britannique UK biobank. Ils ont été publiés dans la revue scientifique Molecular Psychiatry.

Les préférences diurnes seraient fortement liées à la santé mentale

Des études ont montré que la préférence diurne est liée à des paramètres génétiques. Parmi les 449 660 participants, 252 240 (62,6 %) ont déclaré être des personnes matinales. Les chercheurs ont constaté que ces gens-là étaient largement plus protégés de la dépression que les autres. Les résultats sont cohérents chez les deux sexes.

L’étude a également montré que la préférence diurne était intimement liée au bien-être. Les personnes nocturnes seraient ainsi plus susceptibles de sentir du mal-être que les personnes matinales. Par ailleurs, les individus ayant des prédispositions génétiques à être des « alouettes » auraient 5 % plus de chances de se sentir bien en eux. Les résultats sont aussi cohérents chez les hommes et les femmes.

A lire aussi : Dormir moins de 6 heures par nuit augmente le risque de démence

On devient tous matinaux avec l’âge

Les résultats ont toutefois montré un effet inverse entre matinalité et anxiété. Les scientifiques estiment néanmoins que l’analyse observationnelle à ce sujet est moins fiable à cause d’un certain manque de précision.

D’une manière globale, en tout cas, le fait d’avoir l’habitude de se coucher trop tard aurait comme effet de dérégler le cycle circadien. Cela augmenterait ensuite les risques d’exposition à des troubles de l’humeur, à la dépression, au mal-être et à la dépression.

Des études ont cependant montré qu’avec l’âge, les personnes prédisposées à préférer la nuit deviennent de plus en plus matinales.

« Généralement, quand on vieillit, notre cycle évolue et se cale sur les premières heures (du soir). Les adolescents ont souvent tendance à être des ‘oiseaux de nuit’, alors que les octogénaires sont des lève-tôt. »

Dr Neil Kline, un physicien spécialiste du sommeil à USA Today