Des astronomes ont découvert des étoiles presque invisibles

En observant les données de l’observatoire spatial Gaia, les scientifiques ont détecté un événement étrange entre juillet et août 2016. Ils ont remarqué le scintillement d’une lumière provenant d’une étoile lointaine. La variation de l’intensité de la lumière émise par l’astre a été repérée deux fois, suivant un décalage de quelques semaines.

Depuis, l’étrange phénomène a été baptisé « Gaia16aye ». Dernièrement, les chercheurs ont annoncé avoir réussi à trouver son origine.

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L’éclaircissement et l’obscurcissement répétés de l’objet source sont causés par des étoiles invisibles, car très peu lumineuses, situées entre celui-ci et la Terre. Leurs forces de gravitation ont déformé le tissu de l’espace-temps, ce qui explique l’amplification de la lumière lors de leur passage.

Les astronomes qui ont réalisé la présente étude estiment que la méthode qu’ils ont utilisée pourrait permettre de découvrir d’autres objets « invisibles » de l’espace. Les résultats de la recherche ont été publiés dans Astronomy & Astrophysics.

L’effet microlentille gravitationnelle

Finalement, le responsable du phénomène Gaia16aye est une étoile binaire située à 2 544 années-lumière de la Terre. Le système, nommé 2MASS19400112+3007533, est constitué de deux étoiles naines rouges.

Leurs masses atteignent, respectivement, 57 % et 36 % de celle du Soleil.

Sur son passage, le système provoque un phénomène physique appelé « microlentille gravitationnelle ». « Si vous avez une seule lentille, causée par un seul objet, il y aurait juste une petite augmentation régulière de la luminosité et ensuite un déclin progressif lorsque la lentille passe devant la source distante et s’éloigne ensuite », a expliqué l’astronome Łukasz Wyrzykowski de l’Université de Varsovie en Pologne.

Une méthode qui permet de voir l’invisible

C’est en analysant cet effet que les astronomes ont pu calculer la masse, la distance et l’orbite du système. « Nous avons pu déterminer la période de rotation du système, les masses de ses composants, leur séparation, la forme de leurs orbites, en gros tout, sans voir la lumière des composants binaires », ont-ils écrit.

Ils sont persuadés que cette technique pourrait constituer un moyen efficace pour localiser d’autres objets massifs cachés dans la Voie lactée. « Notre méthode nous permet de voir l’invisible », a déclaré M. Wyrzykowski.

Parmi ces mystérieux objets qui intriguent les chercheurs, il y a des millions de trous noirs de masse stellaire isolés dont l’existence reste hypothétique. « Je pense que cette année, nous aurons les premiers trous noirs », a poursuivi le scientifique, en précisant qu’il reste optimiste.

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