Des bactéries arrivent même à (sur)vivre dans du béton

Les bactéries sont capables de survivre dans les environnements les plus inhospitaliers. Preuve en est, d’après les résultats d’une étude récemment publiée dans mSystems, cela s’applique même au béton.

Selon Julie Maresca de l’Université du Delaware, et ses collègues, en plus d’être capables de subsister dans ce genre de matériau, ces bactéries arrivent également à s’y multiplier.

Un mur de béton en photo
Image par Wolfgang Eckert de Pixabay

Une expérience, menée sur 40 cylindres en béton et qui a duré deux bonnes années, a permis à ces chercheurs d’aboutir à ces conclusions. D’ailleurs, en plus d’identifier les bactéries capables d’un tel exploit, les scientifiques ont découvert la méthode qui permet à ces dernières de prospérer dans le béton.

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Certaines bactéries arrivent à coloniser du béton

Au cours de cette expérience, Julie Maresca et son équipe ont déposé 40 cylindres en béton sur le toit de leur labo. Certains de ces échantillons étaient en béton classique. Et vu que le béton classique ne tolère pas la réaction alcali-silice, pour faire la différence, les scientifiques ont modifié la composition des autres cylindres.

Durant deux ans, ils ont fréquemment examiné ces 40 cylindres en bétons. Et suite à une analyse ADN, Maresca et son équipe ont tout d’abord découvert que les bactéries qui apprécient ce genre de matériau sont les Protéobactéries, les Firmicutes ainsi que les Actinobactéries. Les observations leur ont aussi permis d’avancer que les bactéries préfèrent plutôt le béton classique.

En outre, les chercheurs ont appris que pour survivre, ces microbes, dont environ 60 % sont issus des matières premières (comme le gravier), mangent les restes de leurs congénères. Et en attendant les saisons de pluie, ces bactéries s’inactivent. Puis, lorsque l’humidité revient, elles prospèrent de nouveau.

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Ces bactéries pourraient être plus utiles que ce que l’on croyait

Alors que l’humidité nuit grandement au béton, Maresca et son équipe espèrent que leurs travaux pourront aider à résoudre ce problème. En effet, vu que certaines bactéries peuvent réparer ce matériau, le traitement du béton par le biais de ces dernières devient maintenant imaginable.

Au pays de l’Oncle Sam, sur 618 456 ponts en béton, au moins 45 000 sont en mauvais état. La cause principale n’étant autre que la réaction alcali-silice causée par l’humidité. Mais selon Maresca, les bactéries pourraient changer la donne.

En effet, certaines d’entre elles produisent du carbonate de calcium, un composé capable de « réparer » les dégâts de la réaction alcali-silice. Un jour, avance Maresca, les bactéries nous seront d’une grande aide pour aider à restaurer du béton.