Des biologistes ont fait une réplique d’une rétine humaine

Des chercheurs de l’université Johns Hopkins ont développé une rétine humaine afin de comprendre comment la vision des couleurs se développe dans les cellules de l’oeil. Les résultats de cette recherche pourraient servir à aider les enfants prématurés à mieux voir ou encore à conserver la vue des personnes âgées plus longtemps.

Pour effectuer cette étude, les biologistes ont développé un petit morceau de tissu, appelé organoïde, à partir de cellules souches pour reproduire une partie d’un plus grand organe.

L’organoïde utilisé par les scientifiques sur cette étude était composé de cellules réceptives à la lumière et qui transmettaient cette information au cerveau.

Si vous vous demandez à quoi peut ressembler un globe oculaire dans un plat humide, sachez qu’il ressemble à une minuscule masse translucide.

De minuscules organoïdes

La recherche est dirigée par Robert Johnston, biologiste du développement à Johns Hopkins. L’auteur principal de cette étude est Kiara Eldred, étudiante diplômée de la même université. Selon la chercheuse, « Les gros organoïdes de la rétine ont la taille de l’intérieur d’un Cheerio. Ils sont vraiment petits, mais ils ont toutes les cellules de la rétine nécessaires à la réception de la lumière et à sa signalisation au cerveau. »

En principe, la conception d’une rétine à partir de rien dans le laboratoire prend neuf mois. Cependant, les chercheurs ont gardé certains organoïdes en croissance pendant plus d’un an. En analysant cette croissance, les chercheurs ont pu observer le développement de certaines cellules coniques.

L’importance des hormones thyroïdiennes

Les scientifiques savaient déjà que les hormones thyroïdiennes contribuaient grandement au développement de l’oeil. Toutefois, c’est au cours de cette étude qu’ils en ont eu la confirmation. Lorsque les chercheurs ont ajouté cette hormone à l’organoïde au cours de son développement, des cônes rouge-vert sont apparus. Cette expérimentation explique la raison pour laquelle les bébés prématurés ont plus de risques d’avoir des malformations visuelles puisqu’ils sont retirés trop tôt du ventre de leur mère.

Malgré le fait que d’autres recherches soient nécessaires pour étayer cette thèse, cette étude est très prometteuse en ce sens qu’elle permettra peut-être un jour d’élaborer des traitements d’hormones thyroïdiennes pour les bébés prématurés ainsi que des traitements pour prévenir la dégénérescence maculaire, le principal facteur de la cécité chez les personnes âgées.

Les résultats de cette recherche ont été publiés le 11 octobre 2018 dans la revue Science.