Des biologistes ont réussi à prolonger la durée de vie des nématodes de 500 %

En se basant sur des études antérieures, des chercheurs ont réussi à augmenter la durée de vie du C. elegans, une espèce de nématode.

Grâce à un procédé de modification génétique, ils ont pu prolonger la longévité du spécimen d’environ 500 %. Ces résultats pourraient avoir des applications dans la conception des produits antivieillissement ou des traitements anti-âge. Ils tendent à démontrer que la limite de la longévité n’est pas telle qu’on la croit.

Une photo de cellules humaines

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Le nématode est une espèce de ver rond qui a évolué avec les mêmes voies cellulaires que les humains. De plus, il constitue l’objet d’expérimentation idéal, car sa durée de vie est de 3 semaines. Ainsi, les scientifiques peuvent distinguer facilement les altérations ou les mutations liées à sa durée de vie.

L’étude s’est concentrée sur le rôle que pourraient jouer les mitochondries au sein d’un hypothétique réseau génétique complexe associé à la longévité. Les scientifiques ont utilisé une technique appelée « knockdown des gènes ».

Un résultat inattendu

En 1993, une équipe de chercheurs a rapporté avoir réussi à doubler la durée de vie des C. elegans en effectuant une mutation spécifique d’un gène. Les résultats de l’étude ont été publiés dans une revue spécialisée. Les voies concernées sont l’IIS et la TOR, elles sont liées à signalisation de l’insuline.

La modification de la voie ISS a entraîné une augmentation de 100% de la longévité du ver rond et celle de la TOR de 30%.

Les chercheurs de la présente étude, dont les résultats ont été publiés dans Cell, ont pensé pouvoir atteindre une augmentation de 130% en modifiant simultanément les deux voies à la fois. Le résultat a largement dépassé leur attente. La durée de vie des nématodes a augmenté de 500 %.

Se focaliser sur la santé mitochondriale

« L’extension synergique est vraiment sauvage », a déclaré Jarod A. Rollins, l’auteur principal de l’étude. « L’effet n’est pas un plus un est égal à deux, c’est un plus un est égal à cinq. « Afin de développer les traitements anti-âge les plus efficaces, nous devons plutôt regarder les réseaux de longévité que les parcours individuels, » a-t-il poursuivi.

Les scientifiques de l’étude tendent à se pencher vers l’hypothèse selon laquelle il n’y a pas qu’un gène responsable de la longévité. Le processus de vieillissement serait plutôt lié à un réseau complexe de gènes. Ils ont noté que les prochaines études liées à la recherche sur les traitements anti-âge devraient se focaliser sur la santé mitochondriale.

« Parmi les divers facteurs qui contribuent au vieillissement humain, le dysfonctionnement mitochondrial est devenu l’une des principales caractéristiques du processus de vieillissement et est lié au développement de nombreuses pathologies liées à l’âge, notamment le syndrome métabolique, les troubles neurodégénératifs, les maladies cardiovasculaires et le cancer, » a souligné le chercheur.

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