Des briques de poussière lunaire pour aider à coloniser la Lune

Les scientifiques ont longtemps considéré le sol lunaire comme une potentielle ressource. À présent, ils ont découvert que c’est un moyen de stocker de l’énergie et de produire de l’électricité afin de protéger les explorateurs et les équipements du froid qui y règne.

Cette conclusion a été tirée d’une étude effectuée par l’agence Azimut Space. La technique consiste à capter l’énergie solaire à travers des briques fabriquées à partir du régolithe.

Lune

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Dès qu’ils seront retournés sur la lune, les astronautes prévoient d’y installer un avant-poste et un équipage afin d’y établir une présence permanente. Les visites occasionnelles nécessitent un budget conséquent, tout comme l’envoi de matériaux.

Ainsi, il serait préférable de coloniser le satellite en s’appuyant sur l’utilisation de ressources locales.

« La Lune est le huitième continent. L’Homme pourra s’y installer durablement dans les prochaines années », a déclaré Bernard Foing, astrophysicien de l’ESA.

Générer de l’électricité à partir du sol lunaire

« Toute technologie basée sur la Lune ferait face à des conditions très difficiles comme de longues nuits, des températures allant de -173°C à 127°C ainsi que des pressions extrêmement basses. Nous avons imité autant que possible l’environnement lunaire pendant l’expérience », a expliqué Luca Celotti, directeur de projet chez Azimut Space.

Selon les chercheurs, le sol lunaire peut être transformé en briques de stockage de chaleur. Ils ont fabriqué un régolithe artificiel en poudre à partir des échantillons de roche rapportés de la Lune. Celui-ci a été modelé en forme de brique et soumis à des conditions lunaires avant d’être fixé à un moteur thermique pour produire de l’électricité.

L’utilisation de ce matériau pour stocker la chaleur sur la Lune faciliterait la vie dans l’espace et constituerait un grand pas dans son exploration.

« Le village robotique à bas coût peut maintenant être installé pour délivrer des charges utiles à chaque voyage sur la Lune », a expliqué Bernard Foing. D’ailleurs, de nombreuses agences spatiales comptent s’y installer durablement dès 2030. Cette découverte ne pourrait que raviver l’enthousiasme des conquérants.

Une station ouverte aux différents États participants

La Lune est donc devenue un objectif accessible. Les résultats de cette nouvelle étude devraient encourager la réalisation d’autres travaux concernant la capacité d’exploiter le sol lunaire. L’agence européenne compte sur la coopération internationale et la contribution d’autres pays pour mener à bien ce projet.

« J’ai l’intention de construire une base permanente sur la Lune : ce sera une station ouverte aux différents États participants, des pays des quatre coins du monde », a déjà avancé Jan Wörner, le directeur général de l’ESA.

Toutefois, il reste aussi quelques obstacles à surmonter, comme les allergies pouvant résulter d’une exposition prolongée… à cette même régolithe.

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