Des brûlures chimiques à l’origine de la maladie pulmonaire liée au vaping ?

Les États-Unis font face depuis le début de l’été à une véritable épidémie, une épidémie visant exclusivement les vapoteurs et donc les utilisateurs de cigarettes électroniques et de e-liquide. En tout, plus de huit cents personnes ont été hospitalisées et une douzaine de décès ont été recensés.

À ce jour, les pouvoirs publics soupçonnent une accumulation d’huile dans les poumons, mais une nouvelle étude parue dans le New England Journal of Medecine propose une autre explication.

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Les auteurs de cette étude ont eu accès à une analyse complète des biopsies pulmonaires de dix-sept patients hospitalisés aux États-Unis.

Une pneumonite chimique à l’origine de la maladie pulmonaire qui sévit aux États-Unis ?

D’après eux, ces fameuses biopsies ne révèlent aucune preuve de la présence d’huile ou de graisse dans les poumons des malades.

En revanche, le Dr Brandon Larsen, l’un des auteurs de l’étude et un pathologiste travaillant en chirurgie à la Mayo Clinic de Scottsdale dans l’Arizona, soupçonne pour sa part des blessures chimiques directes au niveau des tissus pulmonaires.

Il évoque même dans son étude des blessures « semblables à ce que l’on pourrait voir avec des expositions à des émanations de produits chimiques toxiques comme des gaz ou des agents toxiques ».

À noter que pour en venir à cette conclusion, les scientifiques à l’origine de l’étude ne se sont pas uniquement basés sur les données collectées par les pouvoirs publics. Ils ont en effet eu la possibilité d’analyser directement les biopsies pulmonaires de ces dix-sept patients avec un microscope.

Un agent toxique dans des e-liquides contenant du THC en cause ?

Il s’agissait donc d’un examen direct, un examen qui a révélé des signes de pneumonite et donc une inflammation du tissu pulmonaire.

En conséquence, les chercheurs pensent que ces lésions sont en réalité le résultat d’une pneumonite chimique provoquée par l’inhalation de substances toxiques contenues dans certains e-liquides.

Ils n’ont en revanche pas encore été en mesure de déterminer avec précision l’e-liquide – ou les e-liquides – concernés. Maintenant, les pouvoirs publics pensent de leur côté que le responsable serait un composé chimique contenu dans des produits à base de THC, l’agent actif de la marijuana.

La plupart des malades admis (71 %) ont en effet consommé ce type de produits avant d’être hospitalisés. Des produits qui provenaient pour la plupart de revendeurs non agréés.

En attendant que toute la lumière soit faite sur cette affaire, le CDC recommande aux Américains de ne pas utiliser des produits contenant ce type de substance.

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