Des centaines de femmes mises en vente sur une application

L’évolution de la technologie a ouvert la porte à de nouvelles formes d’intimidation morale. En effet, entre cyberharcèlement et « revenge porn », le monde numérique devient progressivement un moyen moderne d’agressions psychologiques. D’ailleurs, une application nommée « Bulli Bai » avait récemment mis aux enchères des femmes musulmanes.

un homme sur l'application bulli bai
Légende : Newslaundry

Selon les rapports, cette application indienne aurait posté plusieurs photos de femmes musulmanes contre leurs grés, tout en indiquant qu’elles étaient « à vendre ». Les développeurs ne voulaient pas s’enrichir, leur but était uniquement de porter préjudice à la dignité de ces femmes.

L’application a été hébergée par la plateforme Github qui l’a par la suite supprimée. En outre, il ne s’agit pas de la première tentative de dégradation de ce type. Néanmoins, sous le coup de la pression, la police en Inde a enfin pu identifier un potentiel suspect.

Des femmes humiliées et dégradées en ligne

En juillet 2020, un site web avait créé 80 profils de femmes musulmanes en les qualifiants de « coups d’un soir ». Pour ce faire, les développeurs ont utilisé des photos postées en ligne sur les comptes personnels des victimes. La plateforme était baptisée « Sulli Deals ». Un nom minutieusement choisi, car le terme « Sulli » est une expression péjorative utilisée par les hindous d’extrême droite.

Seulement quelques mois après la fermeture de Sulli Deals, une nouvelle application, Bulli Bai, voit le jour. Cette fois, ils ne proposent pas uniquement des affaires d’un jour, mais littéralement d’acheter une femme musulmane. Même si aucune transaction n’a été effectuée, certaines victimes ont déclaré sur Twitter se sentir « traumatisées » et « horrifiées ». Ainsi, de nombreuses personnes physiques et morales réclament justice.

« Outre le blocage de la plateforme, il est important de punir les délinquants qui créent de tels sites. »

Priyanka Chaturvedi, un législateur du parti Shiv Sena

Qui sont les coupables ?

Bon nombre de ses femmes ont porté plainte contre les développeurs et ceux qui ont partagé les images sur Twitter. Toutefois, six mois après l’affaire « Sulli Bai », aucune arrestation n’a encore été effectuée. Cela a augmenté la frustration, la colère et la peur des femmes musulmanes en Inde.

« Il est en effet décevant de constater l’impunité avec laquelle ces semeurs de haine continuent de s’en prendre aux femmes musulmanes, sans craindre la moindre sanction. »

Ismat Asra, Journaliste

La pression pesant sur la police indienne s’intensifiait de jour en jour. D’une part, le ministre de l’Informatique et de la Technologie, Ashwini Vaishnaw, a déclaré à la presse que « la nouvelle application avait été créée parce que les créateurs de Sulli Deals n’avaient pas encore été punis ». D’autres part, Satej Patil, ministre de l’Intérieur de l’État du Maharashtra, accuse les plateformes telles que GitHub d’être « imprégnées de misogynie et de haine communautaire ».

En conséquence, suite à des investigations d’ampleur, la police de Mumbai a enfin attrapé l’individu derrière l’application Bulli Bai. Le présumé coupable se nomme Niraj Bishnoi, il s’agit d’un étudiant en deuxième année du Vellore Institute of Technology à Bhopal.

SOURCE : BBCNEWS

1 réflexion au sujet de « Des centaines de femmes mises en vente sur une application »

  1. contre leur grès

    grès, nom masculin
    1.Roche sédimentaire dure formée de sable dont les grains sont unis par un ciment. Grès rouge, gris.

    2.Terre glaise mêlée de sable fin, dont on fait des poteries.

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