Des cercles étranges apparaissent dans le monde entier et Alan Turin les avait prédits

Alan Turing est considéré comme l’un des plus brillants esprits de l’histoire et il le prouve une nouvelle fois. En 1952, il avait en effet décrit un modèle qui trouve aujourd’hui son application. On vous explique tout.

La nature réserve parfois de drôles de surprises. Les cercles de fée en sont un très bon exemple. Présents en Afrique australe, en Australie ou même au Brésil, ces derniers prennent la forme de cercles réguliers. Ces motifs sont en outre très denses, notamment en Namibie, en Angola ou encore en Afrique du Sud.

La photo d'un désert
Image par Jörg Peter de Pixabay

Les cercles de fées, de par leur régularité, ont longtemps fasciné les habitants de ces régions et ils ont sans surprise donné vie à bon nombre de théories fantaisistes.

A lire aussi : On a peut-être résolu le mystère des cercles de fée

Les cercles de fée, une énigme qui fascine

Ce que l’on sait, en tout cas, c’est que ces cercles se composent d’une zone étant circulaire ou hexagonale et atteignant les deux à douze mètres de diamètre. Le centre du motif est mis à nu et il est généralement entouré par une couronne d’herbes hautes atteignant en moyenne les 50 cm.

Plus intriguant, si ces cercles sont dépourvus de végétation, ils présentent une présence accrue d’eau à partir de cinquante centimètres de profondeur. Et ce alors même que la zone autour de ces cercles est en règle générale totalement sèche.

Mais surtout, ces cercles ne sont pas constants. Ils se développent ponctuellement, mais peuvent aussi régresser et finir par disparaître. Comme s’ils obéissaient à un cycle précis.

Au fil des décennies, plusieurs hypothèses ont été formulées pour expliquer leur présence. Nous passons bien entendu sur toutes les théories à base d’OVNI ou d’extraterrestres. Les chercheurs ont donc pensé à des toxines, mais aussi à des micro météorites ou encore à des facteurs géochimiques ou biogéochimiques microbiens. La piste des insectes a aussi été étudiée, de même pour celle de la compétition hydrique.

A lire aussi : Les « cercles de fées » en Namibie ne seraient finalement pas l’œuvre des termites

Le phénomène prédit par Alan Turing

Et aujourd’hui encore, il subsiste de nombreuses zones d’ombre.

Mais quel est le rapport avec Alan Turing, me direz-vous ? Il est simple en réalité. En 1952, ce dernier a publié un article décrivant des mécanismes obéissants à ce que l’on appelle la dynamique de Turing. Soit, pour simplifier le concept, à un mécanisme de réaction-diffusion expliquant qu’une rétroaction positive à courte distance et une rétroaction négative à longue distance peuvent se combiner pour rassembler des ressources primaires dans l’emplacement positif et laisser un espace vide dans la zone négative plus éloignée. Ce qui fait bien entendu penser aux cercles de fée.

Partant de ce constat, des chercheurs pensent que les racines des plantes Triodia induisent un contraste d’infiltration et déclenchent du même coup la boucle de rétroaction positive à courte portée. Une boucle qui permet aux plantes les plus vives et les plus grandes de récupérer plus d’eau.

Ce qui expliquerait du même coup la formation de ces cercles, mais aussi leur dynamique.