Des chercheurs ont créé des embryons mi-humain mi-singe

Une grande première pour la science, une équipe de scientifiques internationaux a réussi à créer des embryons chimériques qui sont constitués à la fois de cellules de singes et de cellules humaines. Mais avant que vous ne pensiez à un scénario de science-fiction, sachez que ces recherches, qui ont été publiées dans la revue Cell, ont pour but d’aider dans la découverte de nouvelles méthodes pour créer des organes destinés aux humains.

Actuellement, trouver des organes pour les greffes devient de plus en plus difficile aux Etats-Unis. C’est ainsi que la recherche sur les cellules souches espère trouver un autre moyen pour obtenir plus d’organes. On a ainsi déjà combiné des cellules humaines avec des cellules de cochon et de mouton pour voir s’il était possible de faire « pousser » des organes humains dans ces animaux.

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Cette fois-ci, les chercheurs ont décidé d’utiliser des embryons de macaque, un animal qui est plus proche des humains au niveau génétique que les cochons ou les moutons.

Pas de monstre

Au cours de leur expérience, les scientifiques ont injecté 25 « cellules souches pluripotentes  induites » humaines dans 132 embryons de macaque âgés de 6 jours. Ils ont pu observer que les cellules humaines avaient poussé dans les 132 embryons après seulement 24 heures. Dix jours plus tard, il restait 103 embryons chimériques, et 19 jours après l’injection, seulement trois étaient encore vivants et ils ont été détruits.

Selon Juan Carlos Izpisua Belmonte, qui est professeur en génétique au Salk Institute for Biological Sciences à La Jolla, Californie, et aussi co-auteur de l’étude, la connaissance acquise au cours de cette expérience permettra de revenir et d’essayer de remanier les processus qui ont fonctionné. Cela conduira au développement approprié de cellules humaines dans des animaux.

Belmonte a ajouté que leur but n’était pas de créer un nouvel organisme ou encore un monstre. D’après lui, ils essaient de comprendre comment des cellules provenant d’organismes différents communiquent entre elles. Les scientifiques veulent voir s’ils peuvent trouver de nouveaux moyens de sélectionner des médicaments et de potentiellement générer des cellules, des tissus, ou même des organes que l’on pourra transplanter.  

Un progrès notable

En 2017, certains des scientifiques impliqués dans cette nouvelle étude avaient déjà créé des chimères humain-cochon. Ils avaient injecté des cellules humaines dans des embryons de cochon et les avaient laissés incuber pendant 4 semaines. C’était la première fois que l’on a pu détecter des cellules humaines en train de croître dans des embryons d’une autre espèce. Toutefois, le nombre de cellules qui avaient poussées durant cette expérience était bien inférieur à ce qui était attendu. Les résultats de la dernière étude sur les embryons de macaque correspondent ainsi à un progrès notable puisque le taux de croissance des cellules humaines est significativement supérieur.

En tout cas, le problème avec la création de chimères reste encore et toujours l’éthique. Avec la technologie qui ne cesse de progresser dans le domaine, il serait avisé de discuter en profondeur du sujet afin d’établir les limites à ne pas franchir.