Des chercheurs ont reconstitué la voix d’un prêtre momifié de 3000 ans

Dans une étude publiée le 23 janvier 2020 dans la revue Scientific Reports, une équipe de scientifiques américains et britanniques a annoncé qu’elle avait reconstitué la voix d’un prêtre égyptien momifié de 3000 ans. Les chercheurs ont expliqué qu’ils avaient réussi cet exploit grâce à l’impression 3D du tractus vocal de ce prêtre.

Pour obtenir un « son sous forme de voyelle, » ils se sont servis d’un larynx électronique. Les dispositifs utilisés pour reconstituer la voix de ce prêtre ont été conçus grâce à un CT scanner qui s’est basé sur les dimensions réelles du tractus vocal de la momie.

Momie

Crédits Pixabay

Les scientifiques ont indiqué que les sons qu’ils ont obtenus pouvaient être assimilés à des « a » et des « ai. »

Une momie bien conservée

Le prêtre momifié qui a fait l’objet de cette expérience est connu sous le nom de Nesyamon. D’après les scientifiques, ce dernier aurait travaillé au temple de Karnak, à Thèbes, sous le règne de Ramsès XI.

Cette expérience a été menée sur Nesyamon en raison de la bonne conservation de ses tissus et de ses cordes vocales, en dépit du fait qu’il soit âgé de 3000 ans. Ils ont expliqué que c’était une véritable aubaine, car dans certains cas, « même quand les tissus mous survivent, par exemple dans des restes momifiés, le tractus vocal peut-être manquant ou déformé. »

Un prêtre qui voulait se faire entendre dans l’au-delà

Bien que ce qu’ils ont réussi à faire relève déjà de l’exploit, les scientifiques ont admis qu’ils se heurtent encore à une difficulté. D’après eux, il est pour l’instant impossible de produire une phrase ou même un mot en se basant sur cette reconstitution. La forme du tractus vocal de la momie empêche en effet de produire autre chose que des sons.

La reproduction du tractus vocal qu’ils ont obtenu « ne fournit pas de base pour la synthèse de la parole courante. Pour ce faire, il faudrait connaître les articulations du tractus vocal, la phonétique et les schémas de synchronisation de sa langue. »

Dans leur étude, les chercheurs ont rapporté que de son vivant, le prêtre avait émis le souhait de « faire entendre sa voix dans l’au-delà afin de vivre éternellement. » Cette inscription aurait été écrite dans son cercueil.

Mots-clés archéologie