Des chercheurs ont réussi à enregistrer le rythme cardiaque d’une baleine bleue, avec une étonnante découverte à la clé

Pour la première fois dans l’histoire de la biologie animale, des scientifiques ont réussi à enregistrer les battements de cœur d’une baleine bleue, ou rorqual bleu.

Il s’agit du plus grand animal que le monde n’ait jamais connu. Notons que le spécimen, scientifiquement connu sous le nom de « Balaenoptera musculus », peut mesurer plus de 30 mètres de long, soit l’équivalent de deux autobus scolaires stationnés pare-chocs contre pare-chocs.

Une baleine bleue jaillissant hors de l'eau

Crédits Pixabay

Les chercheurs savaient déjà que les pouls des baleines bleues ralentissent quand elles s’enfoncent plus profondément dans l’eau. Toutefois, l’étude a révélé que, sous la surface, leur cœur bat environ 30 à 50% plus lentement que ce que les scientifiques avaient prévu, soit deux battements par minute.

À la surface, pour se ravitailler en oxygène, l’organe arrive à pomper jusqu’à 37 fois par minute.

Les résultats de l’étude ont été publiés le 25 novembre 2019 dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.

De longues plongées séparées par des ravitaillements furtifs

Il y a quelques années, les chercheurs ont repéré et étudié un groupe de baleines bleues dans la baie de Monterey, en Californie. Dernièrement, ils ont décidé d’examiner l’une d’elles de plus près, en lui attachant un capteur spécial. Le dispositif est une coquille en plastique dotée de quatre ventouses, dont deux sont munies d’électrodes. Le cobaye est un mâle de six mètres de long, découvert pour la première fois en 2015.

Le capteur est resté attaché à l’extrémité de l’animal pendant presque 9 heures. Durant ce temps, le spécimen plongeait et refaisait surface pour trouver de la nourriture. Durant la majeure partie du temps, elle était sous l’eau. La baleine a fait de longues plongées, dont la plus longue a duré 16,5 minutes. Elle a atteint une profondeur maximale de 184 m. Pourtant, elle n’est pas restée plus de 4 minutes à la surface pour se ressourcer en oxygène.

La limite naturelle du battement de cœur

L’équipe a remarqué que, durant les plongées, l’artère aortique extensible de l’animal s’est lentement contractée. Ils ont écrit qu’il s’agit d’un mécanisme qui fait en sorte que le sang oxygéné circule lentement dans son corps. En outre, ils ont souligné que, lorsque la baleine remplit ses poumons, son rythme cardiaque atteint la limite naturelle du battement de cœur.

Autrement dit, aucune espèce n’a jamais affiché une telle performance.

D’après l’équipe, cette limite pourrait expliquer le fait qu’il n’y ait pas d’autres animaux plus grands que le rorqual bleu sur Terre. « Les animaux qui opèrent à des extrêmes physiologiques peuvent nous aider à comprendre les limites biologiques de la taille », a déclaré Jeremy Goldbogen, professeur adjoint à l’Université Stanford en Californie, dans un communiqué.

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