Des chercheurs ont réussi à stocker une oeuvre d’art japonaise sur une protéine

Quand la science et la technologie font équipe, les résultats peuvent être vraiment impressionnants. La preuve avec cette prouesse étonnante et inattendue que des scientifiques américains sont parvenus à accomplir : coder les informations d’une œuvre d’art dans des molécules de protéine.

L’œuvre en question n’est autre que la célèbre peinture sur bois « La grande vague de Kanagawa » qui a été réalisée au XIXe siècle par le peintre japonais Hokusai.

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Crédits Pixabay

Les chercheurs de Harvard et de la Northwestern University ont traduit les informations du tableau en utilisant le code américain normalisé d’échange d’informations de huit bits. Les données ont ensuite été « gravées » sur une espèce de plaque plate microscopique appelée « micropuit ».

Le principe est très ingénieux

Brian Cafferty, chercheur postdoctoral au Whiteside Research Group de Harvard et principal meneur des recherches, explique que lui et ses collègues se sont « basés sur des techniques communes en chimie organique et analytique [pour développer] une approche qui utilise des petites molécules de faible poids pour coder des informations. »

Les molécules en question sont des protéines appelées oligopeptides. Ces dernières présentent la particularité d’être plus petites que l’ADN et peuvent ainsi être synthétisées beaucoup plus vite. Lorsque les chercheurs veulent récupérer les informations, il suffit de trier les molécules et visualiser les fameux micropuits avec un spectromètre de masse.

Une méthode de stockage révolutionnaire

Fier comme un paon, Brian Cafferty a affirmé que cette technique que lui et ses collaborateurs sont parvenus à développer permettrait de « […] stocker le contenu de la bibliothèque publique de New York avec une cuillerée à thé de protéines. » Il explique en effet qu’un micropuit, qui est composé de huit oligopeptides, peut abriter un octet d’informations. Pour ce qui est de la récupération des données, la précision de la technique est de 99,9 %.

En tant que telle, Cafferty estime que « cette approche semble la mieux adaptée au stockage à long terme de nos informations les plus importantes: des ensembles de données que nous souhaiterions peut-être préserver longtemps après la disparition de notre civilisation […] De manière plus pragmatique, cette méthode pourrait être utilisée pour stocker de manière sûre et à long terme les dossiers hospitaliers des patients ou pour vérifier les produits tout au long de la chaîne d’approvisionnement internationale. »