Des chercheurs ont réveillé des microbes coincés dans le plancher océanique depuis 100 millions d’années

Lors d’une expédition réalisée en 2010, une équipe de chercheurs a recueilli des échantillons de sol dans le Gyre du Pacifique Sud. Il s’agit d’une zone inhospitalière située au centre des courants océaniques tourbillonnants à l’est de l’Australie. Il ‘s’agit de l’un des milieux océaniques les plus pauvres en nourriture et les plus pollués.

Dans les morceaux du plancher océanique récupérés par les scientifiques, il y a avait des microbes qui sont restés en dormance depuis une centaine de millions d’années.

Crédit : Peter Feghali – Unsplash.com

Ils ont essayé de les réanimer en leur donnant de l’oxygène, du carbone et de l’azote. Puis, ils les ont enfermés dans des bocaux en verre scellés et incubés durant des délais allant entre 21 jours, 6 semaines et 18 mois selon les microbes échantillonnés. Il s’est avéré que même les microorganismes les plus vieux sont revenus à la vie. Ils se sont même multipliés.

L’équipe est constituée de scientifiques japonais et américains. L’étude a été dirigée par Yuki Morono de l’Agence japonaise pour les sciences et technologies marines et terrestres. Les résultats ont été présentés Nature Communications.

Quasi la totalité des microbes s’est réactivée et multipliée

Précisément, l’objectif initial de l’étude était de vérifier si la vie microscopique est capable de survivre dans les conditions peu hospitalières qui règnent sous les fonds marins de l’océan Pacifique. Visiblement, les chercheurs ont trouvé la réponse à leur question.

Jusqu’à 99,1 % des microbes les plus anciens, ceux datant d’il y a 101,5 millions d’années ont repris vie. En 68 jours incubation, certains microorganismes parmi la communauté microbienne étudiée se sont déjà multipliés 10 000 fois. Pour ce faire, ils ont consommé le carbone et l’azote disponibles.

La vie subsiste dans les vieux sédiments des océans

« Cela montre qu’il n’y a pas de limites à la vie dans les vieux sédiments de l’océan mondial », a déclaré M. Steven D’Hondt, géomicrobiologiste de l’université du Rhode Island, qui a participé à l’étude. « Dans les plus vieux sédiments que nous avons forés, avec le moins de nourriture possible, il y a encore des organismes vivants, et ils peuvent se réveiller, grandir et se multiplier. »

Avant cette découverte, les scientifiques savaient déjà que la vie est présente dans les sédiments profonds près des continents où il y a une quantité relativement suffisante de matière organique enfouie. Ils savaient aussi que certains microbes présentaient des capacités de survie impressionnantes. Par contre, ce qu’ils ignoraient jusque-là, c’est que « la vie s’étend dans les profondeurs de l’océan, du fond marin jusqu’au socle rocheux sous-jacent ».

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