Des chercheurs ont séquencé le génome du champignon qui a donné le tout premier antibiotique (et ça pourrait nous aider)

Saviez-vous que la découverte du premier antibiotique remonte à 1928 ? Une trouvaille fortuite qui a rendu le médecin, biologiste et pharmacologue britannique, Alexander Fleming célèbre. Il travaillait alors à la St Mary’s Hospital Medical School, une institution qui fait actuellement partie de l’Imperial College de Londres.

Et ce fut une affaire de chance.  Du Penicillium rubens, une espèce de champignon du genre Penicillium, laissé dans une boîte de Petri a accidentellement donné le premier antibiotique de toute l’histoire de la médecine, la pénicilline.

L'hélice de l'ADN

Crédits Pixabay

Toutefois, même si la souche de P. rubens a déjà été le sujet de nombreuses expériences, c’est la première fois que les chercheurs de l’Imperial College, de l’Université d’Oxford et du Centre for Agricultural Bioscience International (Angleterre) sont arrivés à séquencer l’ADN de la souche originale utilisée par Fleming.

Depuis Fleming, les souches de P. rubens ont pas mal muté

Pour réaliser cette étude, Timothy Barraclough, professeur à l’Imperial College de Londres et à l’Université d’Oxford, et ses compères ont séquencé l’ADN d’un échantillon de Penicillium rubens, conservé à très basse température provenant de la collection de cultures du Centre for Agricultural Bioscience International.

Les scientifiques ont ensuite comparé ce génome avec ceux de deux souches industrielles de P. rubens, utilisées ultérieurement pour la production de pénicilline aux États-Unis.

Durant cette expérience, deux types de gènes qui ont leur importance dans la production de pénicilline, les codeurs et les régulateurs d’enzymes, ont particulièrement attiré l’attention des chercheurs.

Fait intéressant, les souches américaines de P. rubens disposaient de gènes régulateurs en plus grand nombre. Ce qui rend ces dernières aptes à produire de la pénicilline en quantité plus importante puisqu’elles ont été artificiellement sélectionnées pour cela.

Et du côté des gènes qui codent les enzymes, ils étaient différents pour chacune des souches étudiées. Selon les chercheurs, ce constat montre que le Penicillium rubens sauvage, aux États-Unis comme au Royaume-Uni, a muté au fil du temps pour s’adapter aux souches microbiennes locales.

Vers le développement d’antibiotiques plus efficaces

Selon les chercheurs, les procédés industriels actuellement utilisés pour produire la pénicilline auraient fini par créer des souches moins efficaces. Comparées à la souche originale, les souches actuelles ont effet perdu des gènes qui peuvent avoir leur importance dans les effets de l’antibiotique.

Et selon le Dr Ayush Pathak, chercheur au Département des sciences de la vie de l’Imperial College London, ces travaux pourraient aider à lutter contre le phénomène d’antibiorésistance qui n’arrête pas de prendre de l’ampleur de nos jours.

Ces travaux ont fait l’objet d’un article publié récemment dans la revue Scientific Reports.