Des drones défibrillateurs pour sauver des vies

Les drones se rencontrent de plus en plus dans notre quotidien. Outils de loisirs, ils tendent également à des vocations professionnelles, et pourraient servir à porter secours à des victimes en amenant très rapidement un défibrillateur sur les lieux.

Souvent convoités pour livrer des colis, ils pourraient désormais sauver des vies grâce à un gain de temps indispensable dans ces moments où chaque seconde compte.

C’est le Journal International de Médecine (JIM) qui relate la considération du domaine médical pour ces petits engins bien utiles.

Un “drone ambulance”

Chaque année, 50 000 personnes sont victimes d’un arrêt cardiaque hors hôpital. Soit 137 par jour. Les chances de survie sont estimées à seulement 3 à 4%. Et chaque minute passée sans soins réduit le taux de survie de 10%.

Les défibrillateurs ont été implantés en masse dans les lieux publics. Une solution consiste à augmenter encore leur déploiement et de prévenir des personnes préalablement formées de leurs emplacements par SMS. Des expériences réalisées aux Pays-Bas ont démontré un temps trop long de 8 minutes entre l’appel et le premier choc.

Les drones seraient ainsi un excellent moyen de déployer rapidement un défibrillateur sur place, pour tenter de sauver la victime. Le gain de temps serait considérable, notamment dans le milieu rural.

Capables de voler à 120 kilomètres par heure, certains modèles pourraient se rendre auprès de la victime en moins d’une minute grâce à une puce GPS et des données précises du lieu d’atterrissage, pour intervenir tout de suite en attendant l’arrivée des secours.

Un gain de temps majeur

Une flotte de drones pourrait ainsi couvrir une région en étant stratégiquement positionnée à la manière des Service Mobile d’Urgence et de Réanimation. Ils seraient dirigés par un pilote à distance qui pourrait également guider les manœuvres de réanimation grâce à une caméra et un micro installés sur le drone.

Des expériences de ce type ont déjà été menées en Suède. Une fois sur trois, l’appareil est arrivé avant les secours, en milieu urbain. En milieu rural, il est arrivé 19 minutes avant les secours dans 93% des cas.

Des chiffres qui prouvent l’intérêt de l’adaptation de cette technologie en ambulance volante. Il pourrait transporter jusqu’à 4 kilos de matériel. On peut ainsi imaginer une extension des usages médicaux, comme par exemple pour transporter des médicaments, des poches de sang ou des organes. Pourquoi pas imaginer également une implication dans les sauvetages en mer, comme outil de secours en place sur les navires.

Un autre point positif concerne le coût réduit de sa mise en oeuvre. En effet, le prix d’un drone équipé est estimé à 15 000 euros en Belgique, contre 150 000 euros pour une ambulance. Un prix qui devrait encore diminuer au fil de sa démocratisation.

La multiplication rapide du nombre d’appareils en vol va poser des questions sérieuses de sécurité à l’avenir. C’est pourquoi l’OACI, l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale, a lancé une consultation publique pour concevoir un système de suivi en temps réel des drones civils. Elle a également pour but de mieux définir des règles de vol et de zones praticables par ces mini aéronefs.

Intégrer le drone dans les secours d’urgence, une initiative ingénieuse qui est en passe de voir le jour très rapidement. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises, et peut-être que nous croiserons bientôt ces ambulances originales au-dessus de nos têtes.

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