Des embryons humains génétiquement modifiés avec un ciseau moléculaire

La science fait de nouveau un bond fulgurant dans le domaine de la médecine moléculaire. Des scientifiques de l’Université des sciences et de la médecine de l’Oregon (USA) sont parvenus à corriger la mutation génétique d’un embryon humain à l’aide d’un… ciseau. Il s’agit de la technologie CRISPR-Cas9. Développée en 2012, cette dernière est appelée ciseau génétique ou moléculaire, car elle permet de « couper » l’ADN d’un être vivant.

Menée par le docteur Shoukhrat Mitalipov, l’équipe en charge du projet est parvenue à modifier les gènes d’embryons humains. Les chercheurs ont utilisé le ciseau CRISPR-Cas9 pour isoler les morceaux d’ADN indésirables et les remplacer par de nouvelles pièces saines.

ADN sédiments

L’étude a été publiée en détail dans la revue scientifique Nature.

Une solution contre les mutations génétiques mortelles

La technologie CRISPR-Cas9 n’a en fait rien d’un ciseau. Il s’agit d’une enzyme issue d’une bactérie qui est capable de couper une partie précise de l’ADN, désactivant ainsi le gène. Cependant, avant de séparer le génome indésirable, il faut d’abord insérer dans la cellule un nouveau fragment pour le remplacer. À première vue, la technique parait simple, mais il a fallu trente ans de recherches avant de parvenir à des résultats concluants.

Le monde de la science se réjouit de cette percée révolutionnaire. À en croire Vardit Ravitsky, professeure en bioéthique de l’Université de Montréal, l’utilisation des ciseaux permettra de prévenir des milliers de maladies en les tuant directement dans les embryons.

Des problèmes d’éthiques se posent

Si l’utilisation du CRISPR-Cas9 sera salutaire dans certaines situations, elle comporte cependant son lot d’inconvénients. C’est surtout au niveau de l’éthique que le problème se pose. L’utilisation de la technologie pourrait être déformée par certains qui s’en serviraient alors pour manipuler les gènes des embryons dans le but de créer des « surhommes ».

Cela ne devrait cependant pas freiner les progrès scientifiques réalisés jusqu’ici. De plus, la société a encore le temps de réfléchir à la question, car il faudra attendre plusieurs années avant que les ciseaux ne permettent la création d’êtres humains sur mesure.