Des gouttes pour nous protéger de la pire méningite

La méningite est une inflammation des membranes qui enveloppent le cerveau et la moelle épinière due généralement à une infection. Il faut savoir qu’une bactérie dénommée Neisseria meningitidis est naturellement présente dans le nez et la gorge d’environ 10% des adultes.

Toutefois, dans certains cas, cette bactérie peut envahir la circulation sanguine et entraîner de graves complications et problèmes comme l’empoisonnement du sang, car les tissus autour du cerveau et de la moelle épinière gonflent. La mort peut alors survenir en à peine 4 heures après le début des symptômes.

Des virus en photo
Crédits Pixabay

Si des chercheurs ont déjà examiné un moyen d’utiliser des antipsychotiques pour lutter contre la maladie, une nouvelle étude propose une autre solution : lutter contre la bactérie mortelle en utilisant une autre bactérie.

A lire aussi : Les bactéries auraient aussi une horloge interne

Les chercheurs ont mis la bactérie génétiquement modifiée dans des gouttes nasales

Dans cette étude parue dans Science Translational Medicine, les chercheurs ont utilisé des gouttes nasales contenant des bactéries « amies » génétiquement modifiées sur 26 volontaires. La bactérie utilisée est la « N.lactamica », une bactérie nasale naturelle bénigne. Une précédente étude a effectivement révélé que cette bactérie pouvait empêcher la « N.meningitidis » de s’installer chez environ 60% des participants.

Mais les chercheurs ont également fait subir une modification génétique à cette bactérie « amie » en lui insérant un gène supplémentaire pour la protéine de surface collante que N.meningitidis utilise pour saisir les cellules à l’intérieur du nez. La bactérie « amie » modifiée, désormais appelée GM-Nlac, introduirait ainsi ce gène comme un antigène dans le système immunitaire de la personne.

A lire aussi : Et si les bactéries intestinales nous aidaient à lutter contre le cancer ?

Le GM-Nlac a généré une réponse immunitaire forte et durable

Pour rappel, notre système immunitaire peut se servir des antigènes pour créer des anticorps afin de combattre les agents pathogènes qui leur sont associés. Cette introduction d’antigènes dans le but de générer une réponse immunitaire est la façon dont fonctionnent la plupart des vaccins.

Dans cette étude, les gouttes nasales chargées de bactéries ont produit une réponse immunitaire forte et durable. Ainsi, tous les participants portaient toujours la bactérie de manière asymptomatique dans leurs narines pendant au moins 28 jours et 86% des participants l’avaient encore dans leurs narines 90 jours plus tard. Les chercheurs en ont conclu que le GM-Nlac était un candidat prometteur pour générer des réponses immunitaires aux bactéries de la méningite.

Les chercheurs ont également assuré que « GM-Nlac peut être déployé en toute sécurité, survivre dans sa niche biologique et être efficacement éradiqué si nécessaire sans se transmettre à d’autres adultes vivant à proximité des participants à l’étude ».