Des gravures datant du paléolithique ont été découvertes au Pays basque espagnol

Deux spéléologues ont mis à jour des œuvres artistiques datant de la Préhistoire en avril dernier. Il s’agit notamment de quinze gravures vieilles de 14 000 ans. En raison de l’inaccessibilité des lieux, les dessins ont été retrouvés dans un état de conservation exceptionnel. La découverte a eu lieu dans la grotte paléolithique d’Aitzbitarte, près de Renteria, au Pays basque espagnol. Elle a été immédiatement signalée au gouvernement basque par le Conseil provincial de Guipuzcoa.

Les dessins retrouvés sont des figures animales. Concrètement, ce sont des chevaux, bisons et cervidés. Ils ont été gravés au doigt ou incisés par du silex sur des parois d’argile. À part ces représentations, une empreinte de main et deux vulves ont été découvertes. Certaines galeries du site qui n’ont pas encore été explorées pourraient réserver des surprises.

Bison

Ce qui intrigue le plus les spécialistes, c’est la méthode recourue ainsi que le résultat final. Il s’agit d’une technique jusqu’alors ignorée dans ces régions.

De trouvailles sans précédent

Diego Garate Maidagan est un préhistorien espagnol de Bilbao. Également rattaché au laboratoire TRACES-UMR 5608 de l’université de Toulouse-Le Mirail, il est l’un des auteurs de la découverte. « Il s’agit de trouvailles sans précédent pour l’Espagne et la région cantabrique. » a-t-il souligné.

« Dès 2015, nous avions toutefois commencé à rencontrer des vestiges d’ocre rouge datant du gravettien et du magdalénien, mais rien d’aussi inédit dans toute la péninsule ibérique que ces figures tracées dans l’argile fraîche. » a précisé l’archéologue. « Ces créations se trouvaient dans une zone d’accès très difficile, nécessitant le passage d’un profond puits vertical. » a-t-il ajouté.

Une technique exceptionnelle

La technique de modelage employée était exceptionnelle. Elle était destinée à restituer les volumes et à mettre l’accent sur le réalisme. Un autre trait saillant est que parmi les allégories de sexe féminin dessinées, l’une atteint plus d’un mètre. Il y a lieu de noter qu’il s’agit d’un thème bien connu de l’époque magdalénienne. Ces œuvres ont été gravées dans cette dernière phase du paléolithique supérieur (-17 000/-12 000 ans).

En outre, le site www.derrenteria.com a expliqué que « Le Pays basque était un passage naturel pour les groupes qui vivaient au cours du Paléolithique supérieur (entre 12 000 et il y a quelques années 38 000 ans). La présence d’une forte densité de population et d’un grand nombre d’ensembles d’art rupestre paléolithique ont été consignés par écrit. »

Crédits Image : Diego Garate