Des images très précises du soleil prises par le télescope Gregor

Le soleil a toujours captivé l’homme, mais sa luminosité intense a toujours rendu son observation très difficile. L’existence des tâches sur le flambeau du monde a déjà été évoquée par d’anciens savants, comme Anaxagoras (-467) ou Galilée (XVIIe siècle), mais personne ne pouvait fournir d’explication exacte sur le phénomène.

Le télescope Gregor a changé la donne en permettant une observation détaillée de la scène qui se déroule à 149.5 millions de kilomètres de notre planète. La compréhension de notre étoile est très importante, surtout quand on sait que des tempêtes solaires imprévisibles peuvent endommager des équipements électroniques en orbite ou sur terre.

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Les observations ont commencé en juillet de cette année, montrant des images très précises et inédites de la surface de notre étoile.

Une mise au point qui a pris beaucoup de temps

Le plus grand télescope solaire européen, doté d’un miroir principal ayant un diamètre d’un mètre et demi, avait été inauguré en 2012 aux îles Canaries, par l’Allemagne. Il a coûté plus de 12 millions d’euros à mettre en place, mais les premières images étaient inutilisables à cause d’un astigmatisme. Le principal coupable était le carbure de silicium, la matière première utilisée pour les miroirs de l’instrument. Des réglages étaient également nécessaires pour compenser la distorsion de la lumière qui traverse l’atmosphère.

Des verres de types vitrocéramiques, appelés Zerodur, conçus expressément pour une utilisation astronomique, ont été installés pour corriger les défauts. La mécanique et l’électronique ont également été revues pour profiter du potentiel maximal de l’outil d’observation. Finalement, c’est en 2020 que la lunette devient parfaitement opérationnelle et capable de livrer des photos d’une qualité exploitable en astronomie.

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Comprendre ce qui se passe à la surface du soleil

La précision du télescope Gregor est telle que l’on pourrait observer clairement une aiguille située à un kilomètre de sa position. Ainsi, quand on observe le soleil, cela donne des précisions qui n’ont encore jamais été obtenues avec d’autres instruments. Il est devenu plus facile de surveiller l’activité magnétique, les éruptions, ainsi que les turbulences survenant sur l’astre autour duquel on tourne.

Les photos dévoilées sont à la fois effrayantes et captivantes, montrant toute l’effervescence régnant à la surface de la boule de feu géante. Les images à haute résolution de la partie visible montrent des projections de « petites » boules de 1500 kilomètres de diamètre. En retombant, celles-ci refroidissent et deviennent moins lumineuses que la surface, nous donnant l’impression de voir des taches sombres.

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