Des Japonais pensent avoir percé le mystère des lignes de Nazca

Le Pérou est connu pour ses immenses géoglyphes. Les lignes de Nazca fascinent en effet la communauté scientifique depuis plusieurs décennies. Récemment, des chercheurs japonais ont entrepris d’étudier seize de ces symboles et ils ont alors fait une découverte fascinante.

Les premiers récits autour des géoglyphes remontent au XVIe siècle, période à laquelle un conquistador du nom de Pedro Cieza de Léon est tombé sur d’étranges lignes tracées à même le sol.

Des lignes prises à l’époque pour la piste d’une tribu locale.

Les lignes de Nazca, un mystère qui nous accompagne depuis plusieurs décennies

Il a effectivement fallu attendre les années 20-30 pour que l’on prenne toute la mesure de ces géoglyphes. Après avoir été redécouverts par un archéologue péruvien du nom de Toribio Mejia Xesspe, ces symboles ont en effet été étudiés par un anthropologue américain du nom de Paul Kosok.

En survolant le Pérou afin d’étudier les réseaux d’aqueducs locaux, ce dernier a en effet identifié le tout premier géoglyphe.

Par la suite, de nombreuses études ont eu lieu. En tout, on dénombre des dizaines de symboles différents. Certains représentent des formes abstraites, d’autres des animaux. Plus intéressant encore, ces signes n’ont pas tous été tracés à la même période et certains d’entre eux remontent ainsi à deux cents ans avant notre ère.

Passionnés par l’histoire de ces géoglyphes, un groupe de zootechniciens japonais a entrepris d’étudier seize symboles représentant des oiseaux. Ils ont alors réalisé que certains d’entre eux représentaient des espèces étrangères et ne vivant pas au Pérou.

Masaka Eda, le co-auteur de l’étude, a expliqué avoir décomposé chacun de ces étranges symboles pour les étudier. Avec son équipe, le chercheur a donc noté tous les détails relatifs à leur bec, leur tête, leur cou ou encore la forme de leur corps, de leurs ailes, de leur queue et de leur plume. L’idée finale étant bien entendu d’appliquer une approche ornithologique et de dresser ainsi un portrait-robot précis de chacun de ces géoglyphes pour ensuite les comparer avec les espèces connues.

Une manière d’échanger le savoir ?

La tâche était ardue, mais elle a payé puisque plusieurs de ces symboles ont été reclassés suite à la publication des résultats de l’étude. Le géoglyphe numéro PV681-CF1 n’est donc plus considéré comme un colibri, mais comme un ermite vivant à l’est de la Cordillère des Andes, en dehors du territoire occupé à l’époque par les tribus à l’origine de ces signes.

Ce n’est qu’une hypothèse pour le moment, mais les chercheurs pensent ainsi que ces symboles étaient une manière pour les Nazcas de faire le récit de leurs aventures et de partager leurs connaissances avec les autres membres de leur tribu. Il arrivait en effet à l’époque souvent aux chercheurs de s’enfoncer à l’intérieur des terres pour chasser et chercher de la nourriture.

En conséquence, Masaka Eda et son équipe pensent que ces derniers ont pu croiser certaines espèces d’oiseaux inconnues et ressentir ensuite le besoin de les dessiner sur le sol.

Il faut néanmoins rappeler que d’autres chercheurs ont développé des théories un peu différentes. En 2017, une chercheuse du Conseil national de recherche à Rome avait ainsi croisé les motifs avec les données de plusieurs images satellites et elle avait alors réalisé que les spirales trouvées à proximité de certains d’entre eux pouvaient s’apparenter à un système d’aqueduc.

L’année dernière, des chercheurs ont également publié un autre article dans Antiquity en indiquant que les symboles étaient la plupart du temps placés le long d’anciens itinéraires de transport. Et ils en ont déduit que certains de ces géoglyphes avaient peut-être été tracés par des nomades désireux de partager leurs connaissances avec les tribus locales.

D’autres encore pensent que les lignes de Nazca jouaient un rôle important dans d’anciens rituels, ou même que les motifs étaient utilisés comme des lieux d’offrande.

Mots-clés archéologie