Des microbes pour nous aider à coloniser Mars (et à retourner sur Terre)

Mars, la planète rouge, nous a toujours fascinés et aujourd’hui, le rêve de l’Homme d’y poser un jour le pied n’est plus irréaliste. Ceci dit, une question demeure : une fois là-bas, comment ferons-nous (du moins les astronautes qui y seront envoyés) pour survivre ? D’autant qu’on le sait pertinemment, les conditions in situ sont carrément hostiles.

Concernant justement ces conditions, il se pourrait bien que les résultats d’une étude récemment publiée dans la revue Nature Communications viennent nous apporter une solution.

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Image de nexusplexus par 123RF.com

D’après ces chercheurs, cette solution nous viendrait des microbes. Plus précisément, des cyanobactéries et de l’Escherichia coli. Ajouté à cela, il faudra également penser à emporter des enzymes dans nos bagages.

La production d’alcool et d’oxygène sera la clé de toute l’opération

Pour ces chercheurs, tout le succès d’une opération de colonisation de la planète rouge résidera dans notre capacité à produire d’une part du méthane en tant que combustible ; et d’autre part, de l’oxygène pour que nous puissions respirer. Accessoirement, l’oxygène servira également à alimenter les fusées.

Et pour y arriver, quoi de mieux que mettre à profit les microbes. En effet, ces derniers sont passés maîtres dans l’art de produire du sucre grâce à la lumière du Soleil, de l’eau et du CO2 (présents dans la glace et l’atmosphère martienne). Dans le processus, on obtient également de l’oxygène. C’est ce qu’on appelle la photosynthèse.

Une fois le sucre extrait grâce aux enzymes, des bactéries E. coli vont prendre le relais. Concrètement, elles seront génétiquement modifiées de manière à produire un alcool spécifique, le 2,3-butanediol. Combiné à l’oxygène, ce composé va ensuite servir de carburant pour les fusées.

On aura toutefois besoin de construire une usine sur Mars

Vous l’aurez compris, toute cette stratégie semble très prometteuse. En effet, grâce à l’alcool produit sur Mars, les fusées pourront de nouveau décoller pour ramener les astronautes sur Terre. L’atmosphère martienne étant moins dense, on pourra utiliser un carburant moins énergétique pour faire décoller les fusées.

Mais encore faut-il concevoir les installations nécessaires pour une telle production sur la planète rouge. Et ce ne sera pas chose aisée. Les chercheurs proposent en effet de construire une usine de la taille de 4 terrains de football pour ce faire. Et que dire de la charge utile qu’il faudrait transporter depuis la Terre dans l’opération.

Un rapport coût-bénéfice pour le moins avantageux

Néanmoins, comparé à ce que la NASA projette actuellement de faire, à savoir transporter du méthane pour un voyage aller-retour vers Mars, le rapport coût-bénéfice est beaucoup plus avantageux.

En effet, avec ce que proposent ces chercheurs, on pourrait produire 44 tonnes d’oxygène en plus pour supporter nos efforts d’exploration martienne. Et ce, avec 32% de consommation d’énergie en moins. Les chercheurs avancent d’ailleurs que cette méthode peut encore être améliorée grâce à des bactéries plus productives. Il fallait y penser !

Pour plus de détails concernant ces travaux, c’est ici.