Des mois passés en prison pour … du thé ?

Dans la vie, il faut toujours faire attention parce que parfois, un geste irréfléchi de notre part peut nous causer des ennuis, voire même nous mener en prison. Toutefois, il y a aussi certaines fois où l’on ne commet aucune faute mais ce sont les erreurs des autres qui nous créent des problèmes. C’est ce qui est arrivé à cette mère et sa fille qui vivent en Australie et qui ont voulu importer un certain type de thé pour pouvoir le revendre.

Vun Pui « Connie » Chong et sa fille San Yan Melanie Lim ont importé 25 kg de thé au gingembre brun cette année avec comme but de faire quelques bénéfices. Ce type de thé est bien connu en Malaisie comme étant un remède pour apaiser les règles douloureuses. Mais la mère et la fille n’auraient jamais pensé que l’histoire allait autant déraper. En janvier, des officiers de police lourdement armés sont en effet venus chez elles après que des responsables de l’ABF ou Australian Border Force aient intercepté les paquets à l’aéroport. Les agents de l’ABF ont faussement identifié le thé comme étant de l’amphétamine.

Des infusettes de thé et du gingembre
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Les deux femmes ont ainsi été arrêtées et jetées en prison pendant 4 mois. Pourtant, les autorités avaient été mises au courant des problèmes au niveau des tests utilisés pour l’identification et ce, au cours des semaines et des mois qui ont suivi.

Que s’est-il passé ?

Selon les informations obtenues par le Downing Local Court de Sydney, l’ABF a utilisé un test de présomption « hazmat » pour identifier le produit importé comme étant de la phenmétrazine. C’est une drogue illégale généralement utilisée à des fins récréatives. La police a ainsi confisqué le contenu des paquets et l’a remplacé avec une substance inerte. Cette dernière a été livrée auprès des deux femmes, et saisie lorsque les forces de l’ordre ont effectué une descente le jour suivant.

La cours a aussi obtenu l’information selon laquelle le test de présomption avait simplement généré un spectre de substances similaires à la phenmétrazine. De plus, la substance illicite était seulement à la quatrième place en ce qui concerne la probabilité et ce, derrière le sucre, le saccharose et le sucre en poudre.

Par rapport à ces résultats, un opérateur médico-légal de l’Australian Federal Police a écrit au détective principal Tara Conaghan, en charge de l’enquête, qu’il faudrait tester l’échantillon de façon indépendante pour être sûr.

Un mauvais coup de la part des autorités

Selon les informations, Conaghan n’a pas livré cette information sur la nécessité de refaire les tests à l’équipe de la défense.

Finalement, Chong et Lim n’ont été libérées sous caution qu’en mai. De plus, les charges contre elles n’ont été retirées que le 10 août dernier. Cela a eu lieu après que la police du New South Wales ait obtenu leurs propres résultats d’analyses.

Lorsque l’avocat des deux femmes a demandé à Conaghan pourquoi elle n’avait pas donné l’information plus tôt à la défense, elle a répondu que « les drogues attendaient encore d’être complètement testées ». Conaghan n’a pas répondu lorsque l’avocat lui a demandé si les deux accusées devaient alors attendre le déroulement du processus en prison.

Actuellement, Chong et Lim sont en train de porter plainte concernant les coûts que le Commonwealth Director of Public Prosecutions a refusé de payer. L’affaire a été ajournée au mois de mars prochain.

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