Des scientifiques contamineraient leurs propres échantillons

Une nouvelle étude a révélé que des échantillons aquatiques recueillis pour les expériences scientifiques sont contaminés. En effet, une quantité importante de microplastiques et de microfibres a été retrouvée dans ces eaux. Ces impuretés proviendraient fort  des vêtements, gants ou matériaux utilisés pendant le prélèvement et le traitement des données. L’université du Staffordshire a publié un article sur la contamination procédurale au cours de l’échantillonnage des particules aquatiques.

Un scientifique qui prélève un échantillon d'eau

Claire Gwinnett, professeure en sciences médico-légales et environnementales à l’université de Staffordshire, a expliqué l’origine de la contamination. Selon elle, sur le terrain, cette situation serait principalement causée par la nature dynamique de l’environnement et de ses éléments, comme le vent. Néanmoins, les actions humaines requises pour obtenir les spécimens aquatiques favoriseraient également la pollution des eaux.

La collecte des espèces aquatiques nécessite que les scientifiques en soient le plus proches. Cette proximité favoriserait la contamination de l’échantillon. Dans un laboratoire, cela se produit en raison de l’utilisation de petits espaces à usages multiples.

Une collecte de sources de contamination procédurale

La collecte a eu lieu durant une expédition à bord d’American Promise, un navire de recherche océanographique à voile. Au cours de ce voyage scientifique, l’équipe technique a recueilli les fibres provenant de toutes les sources de contamination possibles. Il s’agit notamment des vêtements portés par l’équipe scientifique et l’équipage du bateau, des sacs à voile, des bâches et des textiles intérieurs.

Après cette collecte, ils ont créé un catalogue auquel ils ont comparé chaque fibre et fragment trouvés dans les échantillons. S’il y avait une correspondance, la source exacte de la contamination procédurale était alors immédiatement trouvée et notée. Par contre, s’il n’y avait aucune correspondance, la microparticule était considérée comme un polluant.

Un renforcement de la procédure de collecte des échantillons

Des recherches en contamination procédurale ont montré que si au cours des prélèvements, des protocoles anticontamination assez efficaces n’étaient pas utilisés, les échantillons étaient souvent pollués. Les chercheurs ont alors préconisé l’usage d’un sceau métallique lors de la collecte les échantillons de surface et une bouteille de Niskin pour les échantillons aquatiques. Il en est de même au cours de la phase de traitement, où des protocoles anticontamination devraient être strictement suivis, comme l’usage d’une méthode de filtration vide.

« Cette étude qui a été conçue pour renforcer le processus scientifique a révélé l’ampleur de la perte de nos vêtements […]. Il semble que nous soyons tous des Pigpen, mais qu’au lieu de nous promener dans un nuage de saleté, nous émettions des nuages de microfibres. »

Raphael Z. Miller, fondateur du projet Rozalia