Glace VII, la glace qui se cristallise à 1600 km/h

Au début de cette année 2018, une découverte scientifique majeure a fait la une des sites et des revues spécialisés. Les chercheurs ont en effet découvert une variété de glace exotique baptisée « glace VII. »

Cette dernière présentait la particularité de se développer à une vitesse phénoménale à plus de 1 600 km à l’heure.

Des recherches récentes sur ce sujet ont été menées par des chercheurs des laboratoires nationaux Lawrence Livermore (LLNL), aux États-Unis, des recherches portant principalement sur le processus de formation de cette glace extraordinaire.

Les scientifiques ont découvert que l’eau devenait de la glace VII suite à un mécanisme appelé « nucléation. » L’étude a été publiée dans la revue Physical Review Letters plus tôt ce mois d’octobre.

Comprendre le processus de « nucléation »

Jusqu’à présent, les scientifiques n’ont réussi à produire de la glace VII qu’en comprimant rapidement l’eau liquide à des pressions plus de 100 000 fois supérieures à la pression atmosphérique au niveau de la mer.

Pour ce faire, les experts ont utilisé de puissantes ondes de choc. L’échantillon d’eau s’est ainsi transformé en glace VII en seulement 10 nanosecondes.

Philip Myint, physicien à LLNL et principal auteur de l’étude, explique : « Les conditions créées par la compression de choc sont inhabituelles dans la mesure où elles produisent une énorme force motrice pour que le système se fonde. Le liquide s’éloigne de l’équilibre si rapidement qu’il faut plus de temps pour que des grappes apparaissent, processus connu sous le nom de nucléation transitoire. »

Formation de la glace dans la Terre et dans l’espace

Il y a quelques mois, les scientifiques ont découvert que la glace VII est capable de se former très profondément sous la surface terrestre.

Les chercheurs en avaient découvert une petite quantité piégée dans des diamants qui se sont développés à plus de 400 km dans les profondeurs de la Terre. Il s’agissait également du premier échantillon découvert hors laboratoire.

Grâce à cette découverte majeure, les astrobiologistes espèrent pouvoir avancer dans leurs recherches sur les exoplanètes recouvertes d’eau. Il se pourrait que ce soit la présence de glace VII sur ces planètes qui empêche la vie de s’y développer.

Comme l’explique Jonathan Belof, physicien à LLNL : « L’eau sur ces mondes océaniques, sous le bombardement d’autres corps planétaires tels que les météores ou les comètes, subit des changements intenses pour lesquels la vie pourrait ne pas survivre. L’onde de choc déclenchée par les explosions résultant de ces événements d’impact planétaires peut comprimer l’eau à une pression plus de 10 000 fois supérieure à celle constatée à la surface de la Terre et provoquer le gel de l’eau dans la glace VII. »