Des scientifiques ont réussi à imprimer des composants électroniques sur la peau

Une équipe de chercheurs de l’Université du Minnesota (États-Unis) a réussi à imprimer des composants électroniques fonctionnels en 3D directement sur la peau humaine. D’après les scientifiques, le procédé ne nécessite pas un déballage matériel important. Il requiert l’utilisation d’une encre conçue à base d’éclats d’argent. Celle-ci est ensuite appliquée à température ambiante, ce qui permet d’éviter se brûler le dos de la main.

L’équipe, menée par le chercheur Michael McAlpine, a utilisé une imprimante achetée dans une grande surface. À terme, cette avancée technologique pourrait essentiellement être utilisée à des fins militaires et médicales. Néanmoins selon le principal auteur de l’étude, « c’est une idée simple qui a un potentiel illimité d’applications ».

Les résultats de la recherche ont été publiés dans la revue Advanced Materials du 26 avril 2018.

Des caractéristiques innovantes

Les chercheurs ont eu l’idée de relier l’imprimante à la caméra d’un ordinateur pour suivre les mouvements et s’y adapter en temps réel.  « Peu importe à quel point on essaie de rester immobile lorsqu’on utilise l’imprimante sur la peau, une personne bouge légèrement et chaque main est différente », a écrit Michael McAlpine.

« Cette imprimante peut suivre la main à l’aide des marqueurs et s’ajuster en temps réel aux mouvements et aux contours de la main, de sorte que l’impression conserve sa forme de circuit », a-t-il expliqué.

L’objet imprimé peut être retiré avec une pince à épiler ou en se rinçant simplement la main.

Le couteau suisse du futur

Cette prouesse pourrait être d’une aide cruciale pour un soldat qui pourrait, par exemple, imprimer des capteurs temporaires sur son corps. Il pourrait également produire de l’électricité en créant des cellules solaires, etc.

« Cela deviendrait le couteau suisse du futur, tout ce dont on a besoin serait dans cet outil d’impression 3D portable », a prédit Benjamin Mayhugh, professeur de mécanique et co-auteur de l’étude.

Par ailleurs, les chercheurs ont aussi effectué une impression de cellules biologiques sur une plaie cutanée. L’expérience, menée sur une souris, a été réalisée dans la perspective de nouveaux traitements médicaux qui permettraient d’accélérer la cicatrisation.

« Nous sommes ravis du potentiel de cette nouvelle technologie d’impression 3D qui a recours à une imprimante portable et légère coûtant moins de 400 dollars », a noté Benjamin Mayhugh.