Des sénateurs américains demandent à Twitter de bannir les dirigeants iraniens de sa plateforme

Quatre sénateurs américains ont envoyé une lettre à Jack Dorsey, le PDG de Twitter l’invitant à bannir les comptes de l’ayatollah Ali Khamenei et du ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif, de sa plateforme.

La lettre a été signée par le sénateur du Texas Ted Cruz, le sénateur de Floride Marco Rubio, le sénateur Tom Cotton d’Arkansas et la sénatrice Marsha Blackburn du Tennessee.

L'écran d'accueil de Twitter sur smartphone

Crédits Pixabay

Ils soutiennent dans cette lettre que l’interdiction de Khamenei, de Zarif ainsi que d’autres comptes de dirigeants iraniens serait conforme au décret signé par Donald Trump en juin 2019 qui impose des sanctions supplémentaires à Khamenei ainsi qu’à ses représentants.

Dans leur lettre, les sénateurs rappellent :

Il est interdit à tous les Américains de leur apporter toute contribution ou fourniture de biens ou services. Alors que le premier amendement protège les droits à la liberté d’expression des Américains, l’Ayatollah ne bénéficie d’aucune protection contre la Déclaration des droits des États-Unis. Et, en tant que leader du principal Etat parrain du terrorisme au monde, l’Ayatollah et toutes les entreprises américaines qui lui fournissent une assistance sont entièrement soumises aux lois américaines sur les sanctions.

Pour Twitter, bloquer un dirigeant, c’est nuire à la conversation publique

Bien que Twitter supprime les comptes détenus ou directement affiliés à des groupes considérés comme étant des organisations terroristes étrangères par le Département d’Etat, la plateforme n’applique pas les mêmes mesures pour les comptes sanctionnés par le Département du Trésor.

D’ailleurs, Twitter se réserve le droit de supprimer les comptes qui transgressent les règles relatives à l’incitation à la violence. C’est d’ailleurs pour cette raison que certains tweets de comptes liés à Khamenei ont été supprimés, ce que mentionnent les sénateurs dans leur lettre.

Toutefois, le réseau social a déjà pris la décision en 2018 de ne pas supprimer les comptes des dirigeants mondiaux. A l’époque, Twitter a expliqué dans un article de blog que:

Bloquer un leader mondial de Twitter ou supprimer ses tweets controversés cacherait des informations importantes que les gens devraient pouvoir voir et débattre. Cela ne ferait pas non plus taire ce leader, mais cela entraverait certainement la discussion nécessaire autour de leurs paroles et leurs actions.

Twitter maintiendra-t-il ses positions ?

Quoi qu’il en soit, la lettre a également été communiquée au président des États-Unis, Donald Trump, au secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, au procureur général William Barr ainsi qu’au procureur américain du district nord de la Californie, David Anderson, où se trouve le siège de Twitter.

Pour l’instant, le réseau social n’a émis aucun commentaire sur cette lettre des sénateurs. Va-t-il camper sur sa décision de 2018 ou changera-t-il son fusil d’épaule pour rentrer dans les bonnes grâces des sénateurs et éviter d’éventuels problèmes avec le gouvernement ?

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