Des sénateurs présentent un projet de loi réglementant la reconnaissance faciale

Actuellement, de plus en plus d’entreprises utilisent la technologie de la reconnaissance faciale pour identifier leurs clients, les suivre, collecter des informations sur eux et les utiliser sans leur consentement.

Si, au départ, la reconnaissance faciale n’était utilisée que par les services de police, aujourd’hui, elle est utilisée dans plusieurs autres domaines allant de l’identification des personnes dans les aéroports, aux entrées des concerts et même, dans des lieux comme le Madison Square Garden et ce, sans aucun cadre juridique précis.

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Le problème, c’est que tant que la reconnaissance faciale et ses utilisations ne sont pas réglementées par une loi, les entreprises pourront s’en servir pour collecter des données sur leurs clients, suivre leurs activités et même, partager ou vendre ces données à d’autres entreprises et institutions.

La première loi fédérale sur la reconnaissance faciale

C’est justement pour pallier à ce vide juridique que deux sénateurs ont présenté un projet de loi sur la protection des données personnelles sur la reconnaissance faciale commerciale le jeudi 14 mars 2019. Les sénateurs à l’origine de ce projet de loi ne sont autres que le républicain du Missouri Roy Blunt et le démocrate de Hawaï, Brian Schatz.

Si ce projet de loi était adopté, ce serait la première législation fédérale régissant l’utilisation de la reconnaissance faciale. Il aurait pour impact d’obliger les entreprises technologiques à requérir le consentement de leurs clients avant de collecter et d’utiliser leurs données personnelles. De plus, ce projet de loi empêcherait également les entreprises à identifier et suivre les clients qui utilisent leur service ou entrent dans leur magasin sans obtenir, au préalable, leur autorisation.

Certaines entreprises technologiques sont d’accord pour réglementer la reconnaissance faciale

Le sénateur Schatz a déclaré dans un communiqué que : « Nos visages sont nos identités. Ils sont personnels. Il incombe donc aux entreprises de demander la permission aux gens avant de suivre et d’analyser leurs visages ».

Par ailleurs, les sénateurs ne sont pas les seuls à avoir lancé un appel à la réglementation de l’utilisation de la reconnaissance faciale. L’Illinois avait également adopté une loi sur la confidentialité des informations biométriques afin d’empêcher les sociétés de collecter des données telles que les empreintes digitales et la reconnaissance faciale sans le consentement des consommateurs.

Les grandes firmes de la Silicon Valley elles-mêmes mettent en garde contre toutes les utilisations possibles de la technologie de reconnaissance faciale. Le président de Microsoft, Brad Smith, a même soutenu le projet de loi bipartite des deux sénateurs. Selon lui, il est urgent de réglementer la reconnaissance faciale pour prévenir « les actes de partialité et de discrimination, de préserver la vie privée des consommateurs et de défendre nos libertés démocratiques fondamentales. »