Des souriceaux en bonne santé nés à partir de deux souris femelles

Rien n’arrête les progrès de la science et de la génétique ! En Chine, des chercheurs de l’Académie chinoise des sciences sont parvenus à produire des bébés souris avec les gènes de deux parents de sexe féminin.

Le phénomène est d’autant plus extraordinaire, car les souriceaux nés de cette union inédite sont parfaitement sains et en bonne santé.

Cette naissance inédite est le fruit de plusieurs années de recherches acharnées sur la reproduction et la régénération. Les scientifiques ont tenté de déterminer si la génétique permettrait de concevoir « des souris ayant deux parents de sexe féminin. »

Les chercheurs ont également réussi à produire des souriceaux de deux souris mâles, mais ces derniers n’ont pas survécu longtemps.

Comment ont-ils fait ?

Le professeur Qi Zhou, coauteur principal des expériences, explique que lui et ses collègues ont essayé de produire les bébés souris à l’aide de « cellules souches embryonnaires (CES) haploïdes avec délétions de gènes. » Ces dernières présentent la particularité de pouvoir se développer en n’importe quel type de cellule provenant d’un seul parent femelle.

Les chercheurs sont parvenus à supprimer les gênes défectueuses dans les CES haploïdes d’une souris femelle avant de les implanter dans les œufs d’une autre souris de sexe féminin. Le résultat a dépassé toutes leurs espérances, car les œufs ont été parfaitement fécondés et donné naissance à 29 petites souris bien vivantes et normales.

Un espoir pour l’homme ?

Il s’agit d’une véritable première pour le monde de la science et de la génétique, car elle pourrait ouvrir la voie sur plusieurs possibilités intéressantes pour l’homme. La réussite des expériences représente notamment un espoir pour les couples du même sexe : celui de pouvoir concevoir un enfant biologique ensemble dans un avenir futur.

Si les chercheurs chinois sont optimistes, d’autres scientifiques restent cependant très prudents sur l’utilisation de cette technique sur des sujets humains. C’est notamment le cas du Dr Dusko Ilic, du King’s College de Londres, qui fait remarquer que « Les risques d’anomalies graves sont beaucoup trop élevés. »

« Il est peu vraisemblable d’explorer une technologie similaire pour une application humaine dans un proche avenir. » Pour le Dr Ilic, il faudrait encore expérimenter le procédé sur plusieurs autres espèces animales avant de pouvoir passer à des tests humains.

Mots-clés biologiegénétique