Désinformation : Facebook a démantelé trois réseaux de comptes liés à la France et la Russie

Facebook affirme avoir identifié et démantelé trois réseaux de comptes ayant été spécialement créés pour diffuser de fausses informations dans des pays d’Afrique du nord et du Moyen-Orient. Selon la firme de Zuckerberg, les deux premiers réseaux appartenaient à « des personnes associées à l’Internet Research Agency russe (IRA)» et ciblaient principalement la République centrafricaine, Madagascar, le Cameroun, la Guinée équatoriale, le Mozambique, la Libye et Soudan.

Quant au troisième réseau, il était, d’après Facebook, associé à des personnes de l’armée française. Opérant depuis la France, les animateurs des comptes en question prenaient notamment pour cible les habitants de la Centrafrique, du Mali, du Niger, du Burkina Faso, d’Algérie, de la Côte d’Ivoire et du Tchad.

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Si l’état-major français s’est abstenu de faire des commentaires sur le sujet, le ministère des Armées a pour sa part déclaré que la France n’était pas “à ce stade en mesure d’attribuer d’éventuelles responsabilités“.

Des centaines de comptes supprimés

Au total, le géant des réseaux sociaux a supprimé 32 comptes Instagram, 358 comptes, 161 pages et 32 groupes Facebook. Parmi ceux-là, 84 comptes, six pages, neuf groupes Facebook et quatorze comptes Instagram faisaient partie du réseau basé en France.

Nathaniel Gleicher, responsable de la politique de sécurité de Facebook et David Agranovich, chef de l’équipe mondiale de perturbation des menaces du géant des réseaux sociaux expliquent les raisons de ce grand nettoyage dans un billet de blog publié le 15 décembre dernier. En plus d’induire les gens en erreur, les opérations allaient notamment à l’encontre de la politique de Facebook qui interdit tout « comportement non authentique coordonné au nom d’un gouvernement étranger ».

Mode opératoire

Selon Facebook, les deux campagnes russes étaient en quelque sorte liées et opéraient de la même manière. Les réseaux « s’appuyaient sur des ressortissants locaux dans les pays ciblés pour générer du contenu et gérer leur activité sur les services Internet ».

Dans le cas français, les personnes qui se cachent derrière les comptes se faisaient passer pour des habitants des pays concernés.

Les usurpateurs prenaient ensuite la liberté d’aborder des sujets sensibles comme “la politique de la France en Afrique francophone et la situation sécuritaire dans divers pays africains. Les animateurs des réseaux ont également pris la liberté de faire « des allégations sur de possibles ingérences de la Russie dans les élections en République centrafricaine et des commentaires favorables à l’armée française ».