D’étranges particules ont été retrouvées en Antarctique

À l’aide de l’Antenne transitoire impulsive d’Antarctique ou ANITA, un détecteur de particules porté par un ballon, des chercheurs de la NASA avaient pu détecter un signal inhabituel en 2006 puis en 2014. Il s’agissait des traces du passage de particules à haute énergie dont l’angle de déplacement laissait penser qu’elles avaient pu traverser la Terre.

Après une nouvelle analyse, les scientifiques ont écarté ce qu’ils considéraient comme étant la meilleure hypothèse pouvant expliquer ces étranges particules. Ainsi, jusqu’ici, il semblerait que la nature des particules en question ne puisse être expliquée par le modèle standard de la physique, en tout cas, jusqu’à preuve du contraire.

Crédits Pixabay

Ce qui a le plus étonné les chercheurs c’est le fait que les particules, bien que très petites, possèdent une énergie extrêmement élevée. D’après les données obtenues par ANITA, elles avaient des niveaux d’énergie allant de 0,6 à 0,56 exaelectronvolts, ce qui est énorme compte tenu de leur taille.

L’hypothèse des neutrinos

Pour essayer d’expliquer la nature des particules, les chercheurs ont proposé une hypothèse selon laquelle ces dernières seraient des neutrinos.

Les neutrinos sont en effet connus pour pouvoir passer à travers d’autres matières. Cependant, avec de telles énergies, il aurait dû y avoir une interaction entre des neutrinos et les particules de la planète.

Selon les scientifiques, il y a quand même une possibilité qu’un neutrino de haute énergie ait pu traverser la Terre sans interagir avec aucune autre particule. Dans ce cas, le neutrino devrait provenir d’une source cosmique comme une galaxie éloignée qui accélère les neutrinos pour les renvoyer ensuite dans l’espace. Des analyses approfondies ont été nécessaires pour savoir si c’était vraiment le cas.

Pas d’explication satisfaisante

En Antarctique, il existe également l’Observatoire de neutrinos IceCube. Les chercheurs de ce centre travaillent indépendamment du projet ANITA et leur expérience permet une détection d’une plus grande variété de neutrinos. Ainsi, si l’on se réfère à l’hypothèse du neutrino cosmique, certains des neutrinos détectés par IceCube auraient dû atteindre la Terre au même moment que les particules enregistrées par ANITA.

Après une analyse en profondeur de données collectées pendant des années, les scientifiques ont conclu que la piste du neutrino cosmique n’est pas la solution au problème. Ainsi, les détections faites par ANITA restent encore inexpliquées.

Maintenant, les chercheurs attendent une mise à jour de la part de l’équipe d’ANITA. Cette mise à jour sera publiée vers la fin de l’année 2020 et décrira tous les événements inhabituels qui se seront passés lors du quatrième vol du ballon en 2016. Peut-être la solution se trouvera-t-elle dans ce dernier lot de données.

Mots-clés antarctiquephysique