Deux personnes poursuivies pour avoir diffusé leur course sur YouTube

Les gendarmes ont arrêté un motard et une automobiliste à cause d’une course à trois cents kilomètres par heure filmée et diffusée sur YouTube. Selon les enquêteurs, ceux-ci seront jugés à Valence pour mise en danger de la vie d’autrui, vitesse excessive et non-respect des distances de sécurité.

La vidéo a été postée par le motard lui-même qui risque des années de suspension de permis, un an de prison ferme et quinze mille euros d’amende.

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Sur l’autoroute de Valence, Benjamin, au guidon de sa moto KTM 1290 super Duke R, croise une Mercedes AMG GTS et décide de tester l’engin pendant une dizaine de minutes. Les deux bolides se jaugent puis se lancent des signes amicaux. À la fin de la course, ils se sont mis à boire un verre et à discuter  sur une aire de repos.

L’escadron de la sécurité routière, qui effectue une veille sur les réseaux sociaux et les sites de partage d’images, a repéré la vidéo.

Un flirt qui fait tomber la barrière entre motards et automobilistes ?

Depuis son interpellation, le motard s’est vu confisquer son engin et sa caméra. « Je ne vois pas du mal à diffuser une vidéo. Je poste mes vidéos pour le plaisir, pas pour l’argent. À tout casser, j’ai dû toucher deux cents euros qui ne rembourse même pas l’essence », a affirmé Benjamin, frustré, après quelques heures de l’audience.

« D’habitude, je diffuse les images de mes promenades pour que les gens voient les beaux paysages, mais cette fois-ci je suis tombé sur une belle voiture conduite par une automobiliste que j’ai voulu suivre de plus près ».

Le flirt immortalisé par la caméra du motard a circulé rapidement sur Internet et enflammé les passionnés de mécanique avec plus de six cent mille vues. Les commentaires sur YouTube sont positifs, il parait que « ça faisait tomber la barrière entre motards et automobilistes ».

Une technique de repérage efficace

Les enquêteurs ont d’abord chronométré le passage de la moto à chaque borne kilométrique en établissent une moyenne de vitesse. Ils visionnent aussi le compteur « tour par minute » de la moto et prennent le même modèle d’engin pour constater leur vitesse. « Nous avons nos petits secrets pour établir de manière certaine la vitesse, même si le compteur de la moto est masqué », a noté le chef de l’escadron dédié à la sécurité routière.

Grâce aux panneaux, les gendarmes ont réussi à déterminer le lieu exact de l’infraction. Les témoignages des automobilistes doublés ont aussi permis de connaitre le jour de l’infraction. Enfin, la photo de la conductrice et son immatriculation ont été obtenues grâce aux réquisitions faites auprès de la compagnie autoroutière sur les horaires de passage.

« Il est important aussi de montrer que même si les gens ne sont pas pris sur le fait, ils peuvent être poursuivis pour des faits délictuels s’ils sont postés sur Internet », a souligné la gendarmerie.

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