Deux satellites risquent d’entrer en collision cette semaine et c’est un problème

Après plus d’un demi-siècle de lancements de satellites et de missions spatiales, la Terre est actuellement entourée de milliers d’engins spatiaux. Parmi ces derniers, il y en a un très grand nombre qui ne sont plus en service, mais continuent quand même leur course autour de notre planète. Le problème survient lorsque ces appareils, qui ne peuvent plus être contrôlés, entrent en collision entre eux ou avec un satellite en état de marche.

D’après LeoLabs, un service de suivi des débris spatiaux, deux de ces satellites hors service risquent d’entrer en contact le mercredi 29 janvier prochain. Il s’agit de IRAS, un télescope spatial lancé en 1983, et de GGSE-4, un cargo scientifique mis en orbite en 1967.

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Selon les informations fournies par LeoLabs, la rencontre aura lieu à 23 :39 :35 GMT à une altitude de 900 km. Les deux objets vont passer à seulement 15 à 30 mètres l’un de l’autre, et puisqu’aucun d’eux ne peut plus être contrôlé depuis la Terre, il y a une chance sur 100 qu’ils entrent en collision.

Un cas assez particulier

D’après les explications d’Alice Gorman qui est archéologue spatiale à Flinders University, ce qui est particulier par rapport à la rencontre qui aura lieu le 29, c’est le fait que la distance qui va séparer les deux engins sera très petite.

Selon elle, des engins spatiaux ont procédé à des manœuvres d’évitement à cause d’un objet qui se trouvait à une distance de 60 km d’eux. L’impact qui pourrait avoir lieu sera ainsi un des plus dangereux que l’on ait vu depuis un certain temps.

En ce qui concerne leur masse, le télescope IRAS pesait 1 083 kg au moment de son lancement, avec une dimension de 3,6 * 3,24 * 2,05 m. GGSE-4 est plus petit avec une masse de 4,5 kg. Toutefois, il est attaché à un autre satellite qui est en fait un satellite militaire déclassé et déclassifié récemment, le Poppy 5, qui a une masse de 85 kg.

Des conséquences désastreuses

La vitesse relative entre les deux appareils est de 14,7 km/s. Comme l’explique Gorman, avec une vitesse pareille, le plus petit sera complètement oblitéré en cas d’impact et va se transformer en un nuage de débris. Le plus gros quant à lui va rester à peu près intact, mais la partie détruite deviendra également un tas de débris.

Ces débris ne risquent de causer aucun danger pour ceux qui vivent à la surface de la Terre puisque les éléments qui vont rentrer dans l’atmosphère seront désintégrés. Le problème c’est que plus il y a de débris en orbite, plus il y a de risques de collisions avec des satellites en service.

Les débris spatiaux représentent un danger permanent pour les satellites et surtout les vaisseaux habités. Avec le nombre d’engins spatiaux lancés chaque année, les risques de collisions ne font qu’augmenter. Les scientifiques commencent actuellement à réfléchir à des moyens de « nettoyer » l’espace autour de la Terre. Toutefois, il faudra encore du temps avant que la première solution viable ne soit opérationnelle.