Devolver Digital appelle à « réinitialiser » les discussions sur Steam et l’Epic Games Store

Dans l’apparente guerre que semblent se livrer Steam et l’Epic Games Store, il serait facile de prendre parti pour l’une ou l’autre de ces boutiques. Et si celle de Valve se montre la moins rémunératrice auprès des développeurs, le patron de Devolver Digital appelle à ne pas se laisser aller à une vision binaire de cette opposition.

Dominateur depuis de nombreuses années, avec des alternatives nécessaires telles que GOG qui parviennent tant bien que mal à (sur)vivre dans son ombre, Steam a vu un sérieux concurrent entrer en jeu. Cela va ainsi bientôt faire un an qu’Epic Games a lancé sa propre boutique en ligne de jeux dématérialisés PC.

L’Epic Games Store, comme rappelé par GameSpot, se détache singulièrement de Steam par le pourcentage de revenus reversé aux créateurs. Alors que chez Valve et d’autres plates-formes, il est de 70%, du côté d’Epic Games, il atteint les 88%.

Ne vous demandez donc pas, ou en tout cas pas longtemps, pourquoi Ubisoft ne publie plus de titres sur Steam.

Steam / Epic Games Store : « la concurrence a du bon » pour Devolver

Est-ce à dire que la position de « grand méchant loup » attribuée à Steam est légitime ? Pour le PDG de Devolver Digital, probablement le label d’édition de jeux indépendants le plus connu, il y a une nécessité de « réinitialiser » les discussions sur la question.

Graeme Struthers, qui s’exprimait lors de la PAX Aus, pense même que le sujet n’a « jamais vraiment été abordé correctement ». Il reconnaît que sans Steam, Devolver Digital n’aurait pas le succès qu’il connaît aujourd’hui.

L’une des forces de cette boutique, contrairement à d’autres, est qu’elle permet aux développeurs d’être payés tous les mois :

« Chaque mois, nous sommes payés, et de manière adéquate. Nous avons tous entendu des histoires horribles sur nos audits chez nos éditeurs et d’énormes divergences sur ce qui était rapporté dans les ventes. Voici ce qu’est Steam – [des paiements] chaque mois, de la précision, de la franchise et de la transparence. »

Quant aux revenus accordés aux créateurs, Graeme Struthers rappelle qu’à l’époque où l’éditeur et Steam se sont rapprochés, cette part de 70% était une avancée par rapport à ce qui se faisait jusqu’ici.

Concernant les exclusivités qu’arrive à obtenir Epic, le patron de Devolver estime qu’elles font partie du jeu.

Et d’ajouter, de manière générale :

« Il va y avoir de la concurrence à un moment donné. Epic estime que sa façon d’amener du contenu sur leur plate-forme consiste en un partage des revenus beaucoup plus généreux, et il est évident qu’ils mettent le paquet sur des exclusivités – c’est génial. Et cela donne un choix aux développeurs et aux éditeurs. Vous ne pouvez toutefois pas comparer les deux de la même manière. Steam a investi je ne sais combien de centaines de millions de dollars sur sa plate-forme; Epic n’y est pas encore. Je ne dis pas qu’ils ne le feront pas, et j’espère qu’ils le feront. En ce qui concerne les fonctionnalités et les outils des développeurs, il y a encore du chemin à faire. Mais la concurrence a du bon. »