Voilà ce qui se passe dans le cerveau lorsqu’on a un doigt robotique en plus

Des chercheurs de l’UCL ont mené une nouvelle étude sur l’impact que peut avoir l’utilisation d’un doigt robotique sur le cerveau. Le dispositif en question, appelé « Third Thumb » ou troisième pouce en français, a été créé par la designer Dani Clode dans le cadre d’un projet d’études supérieures au Royal College of Art, rapporte UCL.

Elle cherchait à savoir la manière dont nous voyons les prothèses, ou le remplacement d’une fonction perdue par une extension du corps humain. Elle a ensuite rejoint l’équipe de neuroscientifiques menée par le professeur Tamar Makin à l’UCL qui étudie comment le cerveau peut s’adapter à une extension corporelle.

Le cerveau
Photo de Pete Linforth. Crédits Pixabay

Tamar Makin, qui est aussi auteur principal de l’étude, a déclaré qu’ils ont cherché à répondre à « la question de savoir si le cerveau humain peut supporter une partie supplémentaire du corps et comment la technologie pourrait avoir un impact sur notre cerveau ».

Les participants se sont rapidement adaptés à leur nouveau doigt

A noter que ce pouce robotique est imprimé en 3D, personnalisable, et se porte sur le côté de la main opposé au pouce réel de l’utilisateur, près de l’auriculaire. Le porteur contrôle ce doigt robotique avec des capteurs de pression attachés à ses pieds, sous les gros orteils. Dans le cadre de cette étude, les chercheurs ont formé 20 participants à l’utilisation du pouce pendant 5 jours au cours desquels ils ont été encouragés à porter le doigt artificiel à la maison chaque jour pendant 2 à 6 heures.

Ces participants ont également été comparés à un autre groupe de 10 participants témoins qui portaient une version statique du pouce mais qui ont également suivi la même formation. Les participants ont été encouragés à effectuer des tâches nécessitant l’utilisation de la main et du doigt artificiel comme le ramassage de plusieurs balles ou encore de saisir des verres à vin d’une seule main.

Le cerveau ne discernerait plus distinctement nos doigts

Les chercheurs ont scanné le cerveau des participants avant et après la formation à l’aide de l’IRMf. Ils ont ainsi découvert des changements subtils mais significatifs dans la façon dont la main a interagi avec le doigt robotique. Ils ont aussi découvert que si auparavant, le cerveau avait une représentation distincte de chaque doigt, cette représentation était atténuée une semaine après. Néanmoins, les chercheurs ont déclaré que des recherches supplémentaires seraient nécessaires pour confirmer ce changement.

Selon le professeur Makin, « l’évolution ne nous a pas préparés à utiliser une partie du corps supplémentaire et nous avons constaté que pour étendre nos capacités de manière nouvelle et inattendue, le cerveau devra adapter la représentation du corps biologique ».