Donald Trump aurait menacé l’Arabie saoudite pour mettre fin à la production du pétrole

On sait déjà que Donald Trump prend un malin plaisir à distribuer des coups de pression ici et là pour obtenir ce qu’il veut. Cette fois-ci, il semblerait que le numéro un des États-Unis ait décidé d’exercer son influence sur l’Arabie saoudite, et plus précisément, sur le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman.

Trêve de suspens, Reuters nous a rapporté que le 2 avril dernier, Trump a passé un coup de téléphone au dirigeant de l’Arabie saoudite qui est en pleine guerre avec la Russie sur les prix du pétrole. Mais il semblerait que ce coup de fil n’ait rien eu d’amical.

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En effet, quatre sources proches de l’affaire auraient indiqué à Reuters que Trump a déclaré au prince héritier saoudien Mohammed bin Salman qu’à moins que l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) ne commence à réduire la production de pétrole, il ne pourrait pas empêcher les législateurs d’adopter une loi qui retirerait les troupes américaines de son royaume.

L’accord OPEP+ représente la volonté de toutes les parties prenantes, soutient un responsable saoudien

D’après une source américaine, le prince héritier a été tellement ébranlé par les propos de Trump qu’il aurait ordonné aux personnes présentes dans la salle de sortir pour poursuivre la discussion en privé.

Dix jours plus tard, on a annoncé l’arrêt de la production du pétrole. Un responsable saoudien, qui a voulu rester dans l’anonymat, a déclaré que cette décision représentait la volonté de tous les pays dans l’OPEP.

Selon lui, « l’Arabie saoudite, les États-Unis et la Russie ont joué un rôle important dans l’accord OPEP + (qui comprend une coalition dirigée par la Russie) sur les coupes pétrolières, mais sans la coopération des 23 pays qui ont pris part à l’accord, cela ne serait pas arrivé ».

Mais on pourrait se demander pourquoi le prince héritier a autant pris peur en entendant les propos supposés de Donald Trump ? Eh bien cela remonterait à 1945, quand le président Franklin Roosevelt avait rencontré le roi saoudien Abdul Aziz Ibn Saud, à bord de l’USS Quincy, un croiseur de la Marine et qu’ils y avaient conclu un accord : Les États-Unis assuraient la protection militaire de l’Arabie saoudite contre ses rivaux régionaux comme l’Iran et en échange, l’Arabie saoudite leur donnait accès aux réserves de pétrole saoudiennes. Depuis lors, en vertu de cet accord âgé de 75 ans, les États-Unis ont disposé environ 3.000 soldats dans le pays et la cinquième flotte de la marine américaine assure la protection des exportations de pétrole dans la région.

Les sénateurs américains sont montés sur leurs grands chevaux

Néanmoins, l’Arabie a annoncé à la mi-mars qu’elle produirait un record de 12,3 millions de barils par jour et a déclenché une guerre des prix du pétrole avec la Russie. L’offre a explosé, et a écrasé la demande compte tenu des mesures de confinement adoptées par plusieurs gouvernements du monde entier. Les sociétés pétrolières ont même été durement touchées par l’effondrement du prix du pétrole.

Pour preuve, le pétrole américain est tombé en dessous de 0 dollar.

Les sénateurs américains n’ont d’ailleurs pas épargné la princesse Reema bint Bandar bin Sultan, l’ambassadrice saoudienne aux États-Unis. Ces derniers ont mené des conversations « brutales » avec elle en lui détaillant les dommages causés aux industries pétrolières américaines.

Mais les sénateurs ne s’en sont pas tenus là, ils ont aussi envoyé une lettre au prince héritier Mohammed pour lui rappeler la dépendance stratégique de l’Arabie saoudite à l’égard des États-Unis. Ils ont également appelé le secrétaire au Commerce Wilbur Ross à enquêter si l’Arabie saoudite et la Russie n’enfreignaient pas les lois sur le commerce international en inondant le marché américain de pétrole.

Donald Trump a juste pensé que ses homologues saoudiens et russes sont « très raisonnables »

Un haut responsable américain a également déclaré à Reuters qu’ « il n’y aurait aucun moyen d’empêcher le Congrès américain d’imposer des restrictions qui pourraient conduire à un retrait des forces américaines » si les dirigeants saoudiens ne réduisaient pas la production de pétrole.

Interrogé par Reuters sur la véracité de sa menace envers le prince héritier saoudien de retirer les troupes américaines, Trump a seulement déclaré :

Je n’ai pas eu à le lui dire. Je pensais que lui et le président Poutine, Vladimir Poutine étaient très raisonnables. Ils savaient qu’ils avaient un problème, puis c’est arrivé. Ils avaient du mal à conclure un accord. J’ai un une conversation téléphonique avec lui et nous avons pu conclure un accord.

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