Dormir moins de 6 heures par nuit augmenterait le risque de démence

Le manque de sommeil peut avoir des effets néfastes sur la santé. Dormir moins de six heures par nuit augmenterait ainsi les risques de démence, révèle un nouveau rapport scientifique.

Les chercheurs essaient depuis de nombreuses années d’établir des liens entre le manque de sommeil et les symptômes de démence. À ce jour, ils ne sont pas encore en mesure de déterminer dans quelle mesure le fait de ne pas dormir suffisamment contribue au déclin cognitif. La limite des recherches réside dans la courte durée des nombreuses études d’observation antérieures portant sur le sommeil et la démence. Celles-ci se sont pour la plupart focalisées sur les personnes âgées. Les symptômes et la maladie peuvent pourtant se développer des décennies plus tôt. L’âge ne ferait ensuite qu’aggraver la condition des patients.

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Séverine Sabia et son équipe de l’Université de Paris proposent ainsi une analyse à long terme. L’épidémiologiste veut rassembler des données satisfaisantes sur la relation entre sommeil et démence des années avant la vieillesse.

Des observations basées sur l’étude Whitehall II

Le professeur Sabia a ainsi examiné les données de l’étude Whitehall II. Cette dernière porte sur la santé de plus de 10 000 fonctionnaires britanniques. Lancée en 1985, elle offre désormais un ensemble de données s’étalant sur plus de trois décennies.

À noter que Whitehall II est toujours en cours. Les scientifiques bénéficient dorénavant d’un ensemble complet de preuves pour leurs analyses.

Dans leur publication dans la revue scientifique Nature Communications, l’équipe de recherche franco-britannique affirme avoir constaté un risque de dégénérescence cérébrale assez élevé (entre 20 et 40 %) pour les personnes entre 50 et 70 ans qui ont une durée de sommeil inférieure ou égale à 6 heures par jour.

Des troubles du sommeil également liés au développement de la maladie ?

« Comme la démence résulte de changements dans le cerveau, il n’est pas surprenant que les personnes atteintes rencontrent souvent des troubles du sommeil. C’est peut-être simplement un signe très précoce de la démence à venir, mais il est également fort probable qu’un mauvais sommeil ne soit pas bon pour le cerveau et le rend vulnérable aux maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer », a de son côté expliqué Tom Dening, psychiatre affilié à l’Université de Nottingham.