DPStream, Full-Stream et de nombreux autres sites de streaming français ont été fermés

DPStream.co, Full-Stream.ws, SerieFR.eu et plusieurs autres sites du même acabit ont fermé leurs portes suite à une action menée par la police française. Action qui a conduit à l’arrestation de leur administrateur et de pas moins de six pirates français.

Le piratage a toujours existé et certains d’entre vous se souviennent sans doute de cette époque pas si lointaine où l’on échangeait des disquettes et des CD sous le manteau, en pleine cours de récréation.

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Toutefois, avec la démocratisation du haut débit, ces usages se sont considérablement popularisés et de nouvelles techniques de partage ont très vite fait leur apparition.

DPStream, Full-Stream, SerieFR et plusieurs autres sites de streaming ont fermé leurs portes

Des techniques comme les newsgroups, les torrents, les téléchargements directs ou encore… le streaming.

L’ALPA, la SACEM et la police judiciaire de Dijon ont précisément mené une opération conjointe à l’encontre de douze sites spécialisés dans le streaming de séries télévisées. L’enquête a duré plusieurs mois et elle a conduit à l’arrestation de l’administrateur de ces douze sites ainsi que de six de ses complices nous apprend le site Zataz.

Si cette opération n’est pas la première du genre, elle reste tout de même assez particulière. L’administrateur de ces douze sites ne se contentait effectivement pas d’indexer des liens pointant vers des oeuvres protégées par les droits d’auteur. Il était aussi l’hébergeur de ces fichiers. En tout et d’après le communiqué de presse adressé à nos confrères, les forces de l’ordre ont mis la main sur plus de deux millions de fichiers stockés sur des serveurs situés aux Pays-Bas et en Suisse.

Pour éviter que les autorités ne remontent jusqu’à lui, l’administrateur de ces sites avait pris soin de masquer son identité dans les données associées à ses noms de domaine. Les accès effectués en direction de ses serveurs transitaient quant à eux par Cloudflare.

7 individus arrêtés

L’homme, un étudiant en informatique de 22 ans originaire de Besançon, pensait sans doute que ces mesures suffiraient à lui éviter les poursuites, mais cela n’a pas été le cas et les enquêteurs ont réussi à remonter jusqu’à lui, notamment en s’appuyant sur ses comptes Twitter et Facebook.

D’après le compte-rendu de l’enquête, l’administrateur de ces douze sites avait mis en place une méthode bien rodée. Ces sites étaient tous monétisés par le biais de régies publicitaires secondaires situées en Estonie, en Espagne ou même en Israël. Pour enrichir facilement son catalogue, il avait également mis en place un système de rémunération par cryptomonnaies pour ses plus gros uploadeurs. Cinq hommes et une femme originaires de Montpellier, Rennes ou encore Strasbourg ont été arrêtés.

Toujours selon Zataz, ces uploadeurs auraient perçu plusieurs milliers d’euros par an par ce biais.

Pour optimiser la monétisation de ces sites, leur administrateur avait également intégré des scripts de minage de cryptomonnaies à leurs pages. En tout, ces derniers lui auraient permis d’amasser 8 Bitcoins, soit l’équivalent de plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Etienne Manteaux, le procureur de la République de Besançon, a déclaré pour sa part que l’étudiant avait touché, en tout, plus de deux cent mille euros de revenus publicitaires entre 2017 et 2019.

Le jugement n’a pas encore eu lieu. Il est effectivement prévu pour le mois de novembre et le facteur aggravant de bande organisée a été retenu par la justice, ce qui risque encore d’alourdir leur peine.

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