Du neuf pour la légende du Roi Arthur

En 2019, à la bibliothèque de Bristol, des universitaires ont trouvé par hasard sept fragments d’un manuscrit médiéval racontant l’histoire de Merlin. Ils étaient collés dans les reliures de livres beaucoup plus récents. Désormais, ces universitaires savent comment ces fragments ont fini dans ces ouvrages. Ils ont aussi découvert quel type d’encre a été utilisé pour les écrire. Plus important encore : ils ont appris que ces morceaux de pages racontaient l’histoire de Merlin et du Roi Arthur avec des variations « subtiles, mais significatives ».

Pour rappel, les livres où ont été trouvés ces fragments de manuscrit faisaient partie de la collection de livres rares de la bibliothèque de Bristol. D’après les universitaires, il est possible qu’ils y soient parvenus grâce à Tobias Matthew. Lorsqu’il était doyen et évêque de Durham, cet homme avait rassemblé de nombreux ouvrages. Par la suite, il fit don de plusieurs d’entre eux à l’établissement.

Une bibliothèque remplie de livres
Image par StockSnap de Pixabay

Pour ce qui est de l’encre utilisée sur ces fragments, en utilisant l’imagerie multispectrale, les universitaires ont conclu qu’il s’agissait d’une encre à base de carbone appelée « lampblack ». En effectuant une analyse paléographique, ils ont découvert que le manuscrit avait été écrit entre 1250 et 1275.

Une partie de l’histoire du Roi Arthur racontée d’une nouvelle manière

Toujours selon les universitaires, les passages qu’ils ont pu lire dans ces fragments ont commencé avec les préparatifs d’Arthur, Merlin et Gauvain. Avec d’autres chevaliers, tous devaient aller à Trebes pour livrer bataille au Roi Claudas. Ces passages se sont terminés avec l’histoire de Viviane et de Merlin et le retour de l’enchanteur auprès de son roi.

Les chercheurs ont alors découvert que les noms des personnages qui dirigeaient les hommes d’Arthur étaient différents de ceux mentionnés dans d’autres versions de l’histoire. Dans certains récits, il était aussi mentionné que le Roi Claudas avait été blessé aux cuisses. Cependant, dans les morceaux de pages de Bristol, la nature de cette blessure n’était pas précisée.

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Merlin et Viviane : une version de leur histoire sans connotations impudiques

À la suite du traitement numérique des fragments de Bristol, une nouvelle version de l’histoire de Merlin et de Viviane a également été découverte. Et fait intéressant, les universitaires ont constaté que celle-ci racontait aussi ce qui s’était passé entre l’enchanteur et la Dame du lac d’une manière légèrement différente de celle des récits connus à ce jour.

Le professeur Leah Tether a expliqué que dans les textes des fragments de page qu’ils avaient découverts, il était notamment dit que Viviane avait jeté un sort par lequel trois mots s’étaient retrouvés écrits sur une bague. Or, dans la plupart des autres manuscrits, il était raconté que ces mots s’étaient retrouvés sur son aine.

Dans certaines versions de l’histoire, il est en outre conté que ces mots devaient empêcher Merlin de coucher avec Viviane. Toutefois, selon les fragments de Bristol, ils devaient surtout servir à empêcher quiconque de parler à Merlin.

Dans cette nouvelle version, les auteurs ont donc fait abstraction de toutes connotations impudiques. Pour ce faire, ils n’ont parlé ni de l’aine de Viviane ni de l’idée que Merlin couche avec elle. Ils ont fait de même au sujet de la blessure du Roi Claudas. Selon les universitaires, des blessures à la cuisse pouvaient en effet être utilisées comme métaphores pour parler de l’impuissance d’un homme ou de la castration.