De l’exercice pour inhiber le cancer ?

Dans le cadre d’une nouvelle étude relative au cancer, des chercheurs ont mené des expériences sur des souris. Ils ont découvert que l’exercice physique pouvait inhiber la maladie. Selon l’explication fournie par l’un des scientifiques, une activité physique intense provoquait la production de certains métabolites importants. Par la suite, ces molécules stimulaient des cellules immunitaires qui combattent la tumeur.

En effectuant des tests préliminaires sur l’homme, les scientifiques ont constaté le même mécanisme. Toutefois, si les résultats sont similaires, ils ne suffiront pas encore pour garantir l’efficacité de ce procédé sur l’espèce humaine. Des recherches supplémentaires sont nécessaires. En tout cas, cette nouvelle étude a le mérite d’avoir contribué à la vérification d’anciennes théories.

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En effet, des recherches antérieures ont déjà démontré que l’exercice réduit la croissance des tumeurs malignes et les risques d’en développer pour certains organes, notamment la vessie, le sein, le côlon, les reins et l’estomac.

Pour une meilleure efficacité des cellules antitumorales

Les chercheurs ont étudié la progression du cancer chez deux groupes de souris malades. Le premier groupe s’entraînait régulièrement sur un rouet tandis que l’autre ne pratiquait aucune forme d’activité physique.

D’une part, ils ont remarqué que la maladie progressait lentement chez les souris du premier groupe. Leur taux de survie augmentait considérablement, comparé à celui du second groupe. Le fait est que, pendant l’exercice, les muscles des souris produisaient des métabolites. Venant s’infiltrer dans le sang, ces éléments modifiaient la puissance des lymphocytes T et favorisaient leur activité antitumorale.

« Ces résultats démontrent que les cellules T cytotoxiques sont modifiées par l’exercice pour améliorer leur efficacité contre les tumeurs », ont écrit les auteurs de l’étude, publiée dans eLife. Néanmoins, il convient de noter que l’organisme doit être en mesure de produire des marqueurs immunitaires, tels que les globules blancs, sans quoi l’activité physique ne serait d’aucune aide.

D’autre part, les experts ont injecté quotidiennement une forte dose de lactate (l’un des métabolites susmentionnés) aux souris qui ne faisaient pas d’exercice. Ils ont ensuite remarqué que les globules blancs augmentaient également chez ces animaux et que la croissance globale de leur tumeur a diminué. « Ces résultats indiquent que l’injection de lactate imite certains des effets de l’exercice, mais que l’exercice a des composantes supplémentaires, intégratives, au-delà d’une simple augmentation des niveaux de lactate », ont expliqué les auteurs de la recherche.

Les scientifiques ont, par la suite, réalisé des essais sur l’homme. Ils ont prélevé du sang sur huit personnes en parfaite santé et ajouté une dose de lactate aux échantillons sanguins. Au cours d’un cycle de 30 minutes, les mêmes réactions observées chez les souris se manifestaient. Les métabolites élémentaires qui nourrissaient le système immunitaire se sont multipliés.

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De nouvelles immunothérapies contre le cancer ?

Comme l’a indiqué Helene Rundqvist, chercheuse en cancérologie qui a participé à l’étude, ces analyses devraient avoir des retombées positives sur l’avenir de la médecine. Les bienfaits de l’exercice physique pourraient orienter l’élaboration de futurs traitements du cancer basés sur le renforcement de la défense naturelle. Par ailleurs, ces résultats donnent également une idée de « l’impact de notre mode de vie sur notre système immunitaire ».

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Cependant, il faut souligner que ces aboutissements sont encore à prendre avec des pincettes, aussi prometteurs soient-ils. L’exercice physique ne constitue pas pour autant une solution miracle au cancer, du moins jusqu’à preuve du contraire.

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