L’effet pervers de la pandémie de Covid-19 sur la sécurité

La Covid-19 a coûté la vie à près de quatre millions de personnes à travers le monde. Un bilan humain catastrophique, auquel viennent s’ajouter toutes les vies brisées par un contexte économique extrêmement difficile. Et comme si cela ne suffisait pas, nous apprenons aujourd’hui que la pandémie a aussi eu des effets sur la sécurité des entreprises et administrations.

Check Point, un spécialiste de la cybersécurité, a en effet rendu un rapport éloquent un peu plus tôt dans l’année. Un rapport portant sur les attaques au ransomware.

Une femme tapant sur un clavier
Photo de Kaitlyn Baker – Unsplash

D’après le document, les attaques de ce type auraient en effet grimpé en flèche depuis le début de la pandémie.

Les attaques au ransomware, très populaires en 2020

Le gain est de plus conséquent : près deux fois plus d’attaques ont ainsi été enregistrées au cours des deux derniers mois de l’année 2020.

Il y a plus préoccupant cependant. Check Point a en effet réalisé que ces attaques visaient surtout les établissements du secteur de la santé. Entendez par là les cliniques, les hôpitaux ou encore les laboratoires.

L’augmentation aurait, ici, atteint les 45 % sur les deux derniers mois de l’année dernière, contre seulement 22 % pour les autres secteurs. InfoSecurity Magazine rapporte ainsi que le mois de novembre aurait été le pire, avec pas moins de 626 attaques hebdomadaires contre 430 en moyenne les deux mois précédents.

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Les organismes de santé les plus visés

Concernant les outils utilisés par les hackers, il s’agirait toujours un peu des mêmes et ces derniers s’appuieraient ainsi principalement sur Ryuk et Sodinokibi pour mener leurs attaques. L’Europe centrale serait d’ailleurs la plus touchée avec une augmentation du nombre de cyberattaques atteignant les 145 % sur la période, contre 137 % pour l’Asie de l’Est et 112 % pour l’Amérique latine.

En Europe, l’augmentation serait de l’ordre de 67 % en moyenne, mais tous les pays ne seraient pas logés à la même enseigne.

L’Allemagne ferait ainsi partie des plus touchés avec une augmentation de 220 %, une augmentation rivalisant avec celle du Canada (+ 250 %). De leur côté, les Etats-Unis auraient été peu touchés. Le rapport fait état d’une augmentation de seulement 37 % sur la même période.

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Tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne

Omer Dembinsly, un responsable de Check Point, met cette augmentation sur le compte de l’avidité des hackers :

“L’année dernière, un certain nombre de réseaux d’hôpitaux à travers le monde ont été touchés avec succès par des attaques de ransomwares, ce qui a rendu les cybercriminels avides d’en savoir plus. De plus, l’utilisation du ransomware Ryuk met l’accent sur la tendance à avoir des attaques de ransomware plus ciblées et personnalisées plutôt que d’utiliser une campagne de spam massive. Cela permet aux attaquants de s’assurer qu’ils touchent les parties les plus critiques de l’organisation et ont plus de chances de se faire payer leur rançon.”

Omer Dembinsky – Check Point

Les ransomwares ne sont cependant pas les seuls outils utilisés par les hackers. Les attaques DDoS se sont également multipliées l’année dernière, de même pour les campagnes de phishing.

Il faut néanmoins noter que de nombreuses teams de hackers ont expressément choisi de ne plus cibler les organismes de santé pour éviter de causer plus de tort aux équipes médicales. Un appel qui ne semble malheureusement pas avoir été entendu de tous.

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