Égypte : les applications de rencontres, un refuge et un danger pour la communauté LGBTQ

En Égypte, les membres de la communauté LGBTQ doivent souvent faire face aux insultes et à diverses formes de persécution. Récemment, un homme homosexuel du nom de Firas a été passé à tabac en raison de son orientation sexuelle. L’affaire a été largement médiatisée.

À l’origine, Firas a été pris dans un piège. Croyant répondre à une annonce par le biais d’un site de rencontres, l’homme s’est en effet rendu au lieu indiqué par son contact et il a alors été violemment frappé par un groupe composé de plusieurs hommes.

Selon le témoignage de Firas, la police locale pourrait avoir participé à cet acte de violence. « J’ai vu une personne qui venait d’un microbus de la police avec un bâton. J’avais peur d’être frappé sur mon visage alors j’ai cédé. » a-t-il déclaré à l’Egyptian Initiative for Personal Rights, un groupe local de défense des droits des LGBT.

Suite à l’agression, Firas a été amené à Mogamma, un bâtiment gouvernemental qui abrite la direction générale égyptienne pour la protection de la moralité publique.

Une histoire alarmante

Suite à l’agression et à l’arrestation, Firas a passé 11 semaines en détention, principalement au poste de police de Doqi. La police avait des captures écran de son historique de chat qui ont été prises sur son téléphone après l’arrestation. Ils le battaient régulièrement et s’assuraient que les autres détenus savaient ce qu’il voulait faire.

Il a été par la suite emmené à l’hôpital médicolégal où les médecins ont examiné son anus pour déterminer des signes d’activité sexuelle, mais il n’y avait aucune preuve réelle et tangible de ce qui est un crime aux yeux du gouvernement égyptien.

Après trois semaines, il a été reconnu coupable de crimes liés à la débauche et condamné à un an de prison. L’avocat de Firas a cependant pu faire appel pour la condamnation. Finalement, les autorités lui ont offert une expulsion informelle qui l’a obligé à quitter l’Égypte.

Un fait courant en Égypte

C’est une histoire alarmante, mais courante en Égypte. Comme les Égyptiens LGBTQ affluent vers des applications comme Grindr, Hornet et Growlr, ils font face à une menace sans précédent de la part de la police et des maîtres chanteurs qui utilisent les mêmes applications pour trouver des cibles.

La plupart des arrestations commencent généralement de la même manière que l’histoire de Firas. Les cibles rencontrent un étranger amical sur un site de rencontres, parlant parfois pendant des semaines avant de se rencontrer en personne, seulement pour découvrir qu’elles sont ciblées pour un cas de débauche.

Les applications sont donc devenues à la fois la preuve d’un crime et un moyen de résistance à la répression.