Election présidentielle américaine 2020 : Facebook détecte des réseaux de comptes Instagram russes ciblant les électeurs américains

Lundi 21 octobre 2019, Facebook a annoncé qu’il avait découvert et suspendu des réseaux de comptes Instagram gérés par des Russes et ciblant les électeurs américains avec des messages politiques suscitant la controverse et la divergence. Leur but, selon la plateforme numérique, peut être bien de semer la zizanie chez les électeurs en marge de la prochaine élection présidentielle américaine qui se tiendra en 2020.

Concrètement, le réseau social a mis la main sur trois réseaux de comptes distincts exploités depuis l’Iran. Facebook a également ajouté que le réseau russe avait montré des liens avec l’IRA (l’agence russe de recherche sur Internet), une organisation accusée par Washington d’avoir été contrôlée par Moscou pour ingérer dans les élections américaines de 2016.

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Crédits Pixabay

Selon Nathaniel Gleicher, responsable de la politique de cybersécurité de Facebook, « cette opération cible en grande partie le débat public américain et s’engage dans le type de questions politiques qui posent actuellement des problèmes aux États-Unis et qui suscitent parfois des divisions ».

Les détenteurs de comptes exploitent à mauvais escient des documents écrits par de vrais Américains

Gleicher a expliqué que le réseau lié à l’IRA comptait 50 comptes Instagram et un compte Facebook qui, ensemble, rassemblaient 246 000 abonnés et environ 60% de ces opérateurs se faisaient passer pour des personnes résidant aux États-Unis. Ce responsable de la politique de cybersécurité chez Facebook a expliqué que les premiers comptes dataient de janvier 2019, mais que leur activité semblait, à l’époque, s’axer sur la création d’audience, ce qui est logique quand on cherche à mettre en place une opération.

À la demande de Facebook, Ben Nimmo, chercheur chez Graphika, une entreprise d’analyse des médias sociaux, a révélé que ces comptes partageaient entre eux des informations qui pouvaient intéresser à la fois les électeurs républicains et démocrates. Certains de ces messages comportaient des documents plagiés rédigés par de grands experts conservateurs et progressistes qui critiquaient la membre du Congrès américain Alexandria Ocasio-Cortez, le candidat démocrate à la présidentielle Joe Biden ou encore l’actuel président des États-Unis, Donald Trump.

Facebook veille au grain sur cette prochaine élection américaine.

Commentant ces messages, Nimmo déclare à Reuters : « Ce qui est intéressant dans cet ensemble, c’est ce qu’ils étaient en train de faire : copier et coller des documents authentiques provenant de vrais Américains. Cela peut indiquer un effort pour masquer les carences linguistiques qui les ont rendues plus faciles à détecter par le passé ».

Néanmoins, Facebook assure être à cheval sur la détection des signes de campagnes d’influence étrangère sur les réseaux sociaux. Pour ce faire, la plateforme numérique a même adopté de nouvelles mesures pour lutter contre cette forme d’ingérence et contre la désinformation en étiquetant les médias contrôlés par l’État et en renforçant la protection des comptes des élus et candidats susceptibles d’être la cible de piratage.

Espérons que ces mesures suffiront à éviter l’ingérence et les infox sur Facebook et Instagram. Mais quid des autres plateformes sociales et numériques ?

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