Emprisonné par la faute d’un logiciel de reconnaissance faciale, il poursuit la police et différentes instances en justice

Que ressentiriez-vous si vous vous faisiez arrêter par erreur à cause d’un logiciel défaillant ? C’est ce qui est arrivé à Nijeer Parks, arrêté en janvier 2019 à cause du logiciel de reconnaissance faciale de Clearview AI. En effet, sur la base d’une « correspondance » sortie par le logiciel, la police du New Jersey a délivré un mandat d’arrêt contre lui.

Il a eu beau expliquer qu’il n’était jamais allé à Woodbridge, le lieu du crime, il a été arrêté par la police. En janvier 2020, un an après les faits, le bureau du procureur a ordonné à la station de police de ne plus se servir du logiciel douteux, mais la réaction fut un peu tardive.

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Pour la précision, les forces de l’ordre du New Jersey se sont uniquement basées sur la reconnaissance faciale établie par le logiciel Clearview AI afin de procéder à l’arrestation de Parks.

Mais après s’être fait arrêter à tort, et après toutes les péripéties qui ont suivi, Parks a décidé de porter l’affaire devant la justice, à différentes échelles et juridictions.

Une IA de reconnaissance faciale cause la mise en détention d’un innocent

En 2019, Nijeer Parks a eu vent qu’un mandat d’arrêt était sorti à son nom au New Jersey, les motifs étant diverses accusations, notamment agression aggravée et vol à l’étalage. Il s’est donc rendu au poste de police pour demander des éclaircissements, et finit par se retrouver placé en détention.

Le caractère très discutable de la fiabilité du logiciel n’est qu’un des points d’erreurs dans l’histoire. En effet, étant donné que l’algorithme de reconnaissance faciale n’est pas des plus fiables, les officiers en charge auraient dû vérifier ce que logiciel présente dans ses résultats de recoupement.

À cause de ce mandat d’arrêt délivré, Nijeer Parks a été emmené en salle d’interrogation « sans caméra », détenu dix jours en cellule et a dû clamer son innocence auprès de la cour durant près d’une année.

Un mandat d’arrêt sans aucune preuve solide, selon son avocat

Apparemment, tous les tracas de Parks reposent totalement sur une identification erronée. Aucun autre élément de preuve n’ayant été présenté pour soutenir les accusations. Plus tard, suite aux différents retours négatifs sur la fiabilité du logiciel, le procureur général du New Jersey a demandé l’abandon de l’utilisation du logiciel Clearview AI en janvier 2020.

Malheureusement, ce fut une année trop tard pour Nijeer Parks qui a maintenant intenté une action en justice pour non-respect de ses droits civiques. Le procès est dirigé contre le directeur de la police de Woodbridge, le maire de la ville, le bureau du procureur du comté de Middlesex et la prison du comté.

Nijeer Parks espère être dédommagé de ce à quoi il a dû être confronté pendant une année : les dépenses dues au procès, les accusations – que son avocat, Daniel Sexton précise bien n’être fondées sur aucune preuve tangible, « ni empreinte, ni ADN, ni trace de sang ». Le citoyen accusé à tort compte bien obtenir gain de cause.

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